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Mois : août, 2013

Sporting-Benfica: Fredy sort ses griffes, Markovic étale sa classe

sporting benfica

1 victoire-8 défaites en match officiel sur ces 4 dernières années : Dire que le Sporting a développé une allergie aux derbys face au Benfica serait un euphémisme.

Mais pour espérer briser cette dynamique dégueulasse, tous les petits signes sont bons : Une victoire contre le rival en pré-saison, des débuts canon avec 9 pions en deux matches pour se soigner le moral et le goal-average ( même si Coimbra et Arouca ont eu plus l’air de deux aimables sparring-partners ) et déjà 4 buts pour le Colombien à peine débarqué Fredy Montero.

Dans le camp Benfica, il a bien fallu exorciser le mois de Mai apocalyptique ou le triplé s’est évaporé : Le championnat contre Porto à l’avant-dernière journée, la finale d’Europa League contre Chelsea, et la coupe contre Guimaraes. Sulejmani est arrivé de l’Ajax, et les journées inaugurales, entre une victoire à l’arrache et une défaite à Funchal, sont pour l’instant poussives.

En tous cas, au stade José Alvalade, tout le monde y croit. Déjà bien chauds à l’entrée des joueurs ( ou l’entrée des deux top model du protocole d’avant-match aux couleurs des deux clubs, c’est selon ) les supporters locaux basculent dans la transe à la 9ème .

Trouvé à l’entrée de la surface et un poil hors-jeu, Fredy décale Martins sur la gauche et fonce au point de penalty ( suivi de loin par le grand Luisao qui met trois bonnes secondes à se retourner ) pour cueillir le centre d’une belle tête smashée hors de portée d’Artur pour l’ouverture du score.

Le Sporting presse haut, et gêne considérablement les remontées de balle Benfiquistes. Gaitan et Maxi Pereira se montrent très imprécis et sont pris dans la nasse du milieu de terrain, loin du faste et de la facilité qui leur avait permis d’épater la galerie et l’Europe il y’a quelques mois. Mais bon, après avoir connu le cocktail Balbir+W9+Milieu Bordelais sympathique, tout le reste devient plus fade.

Résultat, deux petites occases seulement à se mettre sous la dent, une tête de Lima sur la transversale et un plat du pied de Salvio dans les nuages. Et deux changements sous la contrainte avant même la fin de la mi-temps : Salvio sur une torsion du genou suspecte et Enzo Perez sonné après s’être mangé un dégagement à bout portant dans la tronche.

De quoi laisser, sur le banc, le coach Jorge Jesus dubitatif et le grand attaquant Oscar Cardozo au paroxysme du rongeage de frein.

Pas pour longtemps. Parce qu’il fallait bien atteindre un sommet dans la guigne, Gaitan se blesse à l’entame de la seconde période. Trois changements grillés, et entrée en jeu du Paraguayen.

Mais dans les entrants, il y’a le Serbe Markovic. Numéro 50, gestuelle de crack en devenir et de la suite dans les idées. Après avoir testé la défense du Sporting d’un raid dévastateur en partant d’un côté, Markovic se place dans l’axe quelques minutes plus tard et passe la dite défense en revue avant de battre Rui Patricio de près. Un partout.

La suite n’apportera pas de changement majeur. Le Sporting, absent une bonne partie de la deuxième mi-temps, est redynamisé par l’entrée en jeu de Diego Capel, qui provoque, repique et frappe à tout va. Mais surtout à côté du cadre. Fredy place un petit-coup franc vicieux ( aidé par un mur pas placé génialement ) qui oblige Artur à une belle parade.

Pour éviter une autre mésaventure, deux joueurs sont affectés aux basques de Markovic pour lui mettre un coup à la moindre prise de balle. Choix tactique payant, car on en restera là.

Sans réellement montrer grand-chose, le Benfica rentre avec un point sur un exploit individuel master-class, et c’est tout bénef pour lui.

PS : Ils sont sympas, au stade José Alvalade, mais chanter sur Brazil  en boucle pendant 20 minutes sans s’arrêter, maintenant j’ai cette foutue chanson dans la tête et elle reste.

 

Krasnodar qualifié, un rayon de soleil pour Baldé et ses coéquipiers

Pellè n'a pas suffi

Pellè n’a pas suffi

11 piges après la victoire du Feyenoord à domicile en C3, le stade de Kuip n’a pas changé. Une fournaise, du bruit, des types en t-shirt rayé rouge et blanc qui chantent le bonheur de soutenir leur équipe, et avec un but à remonter ce n’était pas de trop.

Le principal atout offensif de Rotterdam s’appelle Pellè. Il n’est pas roi et pas Brésilien, mais athlétique et Italien. Et va savoir ce qui se passe dans certains coins d’Europe en ce moment, si t’es Italien, que t’as 28 ans et que t’as joué pas très longtemps à la Sampdoria, tu trouves très facilement du taf ailleurs. Ca fait le deuxième en moins de trois jours après celui du Steaua.

En face, Krasnodar. Du flocage exotique avec un numéro 71 et un 43, Charles Kaboré devant la défense avec son numéro 10 sur les épaules (exotique je vous disais). Et en dépit de sa bonne prestation en championnat, Djibril Cissé commence sur le banc comme au match aller, la place de titulaire en pointe étant attribuée à Baldé. Pas Baldé le chanteur, hein. Celui-là a aussi un chignon en dreadlocks, a aussi un air à prendre brusquement une guitare et chanter Un rayon de soleil, mais là c’est bon il est juste footballeur. Ouf.

A peine le match débuté, le handicap du Feyenoord semble destiné à fondre comme neige au soleil. Certes Pellè se charge de retarder l’échéance lui-même en loupant un penalty dés la deuxième minute, mais se rattrape très vite dans l’action suivante, avec une simplicité déconcertante. Appel dans l’axe en plein cœur de la surface absolument pas suivi par la défense Russe, sprint de dix mètres, face-à-face avec Belenov, but. Les compteurs sont remis à zéro.

Tandis que les supporters locaux ressortent i Will survive pour fêter ca, le Kouban Krasnodar entame une phase de 20 minutes recroquevillé devant sa surface à repousser les offensives du Feyenoord comme il peut, et soudain change son fusil d’épaule.

Trois grosses situations chaudes sorties de nulle part dans le camp Hollandais, trois frappes qui allument Mulder, et un coup de poignard dans la foulée. Sublime débordement du Roumain Bucur qui longe la ligne de corner, plonge vers les six-mètres et signe une passe en retrait au meilleur moment possible pour Ivanov qui marque à bout portant.

Feyenoord se retrouve avec deux buts à marquer, la partie se débride quelque peu. Les locaux se procurent de nombreux coups de pieds arrêtés souvent déviés par Pellè sans réussite. Et sur l’un de ces coups de pieds arrêtés le 10 Lex Immers, par ailleurs pas très à l’aise dans l’organisation du jeu, vendange une occasion énorme en décroisant trop sa tête alors qu’il était seul aux six-mètres.

L’égalisation leur ayant singulièrement simplifié la vie, les joueurs du Kouban jouent comme dans un fauteuil. Kaboré déblaye tout ce qui lui passe à portée de sécateur, Baldé récupère les ballons assez haut et permet au duo Ivanov-Bucur de faire quelques percées balle au pied.

Et c’est sur une situation similaire que les Russes vont tuer la confrontation dés l’entame de la seconde période. Duel aérien gagné par Baldé, sur le deuxième ballon Bucur repique dans l’axe à l’entrée de la surface et profite du rebond haut pour placer un bolide surpuissant, voire même aux frontières du réel, hors de portée de Mulder.

1-2, trois buts à marquer pour Rotterdam, la messe est dite. Le Kouban replace son bloc-équipe à l’entrée de sa propre surface, grignote des secondes dés que possible, et autorise même Kaboré à tenter quelques montées. Une transversale en touche et un passement de jambes qui tourne en glissade plus tard, le Burkinabé change d’avis et se replace devant sa défense.

Assommés, les joueurs du Feyenoord auront quand même le mérite de continuer à arroser niveau centres, Pellè avec son aisance assez intéressante dans le jeu aérien se procure quelques opportunités, mais dans l’ensemble il a été trop seul et trop isolé pour pouvoir changer les choses à lui tout seul.

Pas rancunier, le public du Kuip entonne un vibrant You’ll never walk alone au moment de l’entrée en jeu de Cissé à la 89ème. Le temps de placer une petite accélération avant d’aller congratuler ses coéquipiers au coup de sifflet final, et empêcher Baldé de prendre une guitare.

 

Le Steaua arrache son ticket à Varsovie

Légia Steaua

Legia versus Steaua, champion de Pologne versus champion de Roumanie, et un ticket pour la Champion’s League en jeu. Et le lieu de la mise en jeu sera cette Pepsi Arena de Varsovie chauffée à blanc.

Immense bannière rouge et verte aux couleurs du Légia déployée dans le virage Nord, craquage de fumigènes côté Sud, des milliers de supporters en transe qui chantent sans discontinuer, un bon petit chant à la It’s a heartache estampillé Boca Juniors et importé depuis dans tous les stades du monde, le ton est donné.

Volet joueurs à surveiller, on penserait en priorité aux buteurs de l’aller, deux types souvent abonnés aux prêts sans option d’achat. Le jeune attaquant Polonais Kosecki, un petit air de Radek Stepanek et une sacrée fougue dans son jeu et dans ses déplacements, a la lourde charge de faire oublier le faste et les buts de Danijel Ljuboja parti à Lens. Et l’Italien Federico Piovaccari, prêté quatre fois par la Samp depuis 2011 et déjà 3 buts en 7 matches depuis son arrivée à Bucarest.

Sinon, pour les chanceux qui ont admiré Limassol-OM lors de la précédente Europa League, ils reconnaîtront dans les rangs du Légia le Lusitano-chypriote à crête Dosa Junior qui a fait des misères aux Marseillais l’an dernier.

Concéder un nul 1-1 chez soi en match aller n’est pas rédhibitoire si on entame le retour le couteau entre les dents. Et ca, le Steaua l’a bien compris en mordant dans le ballon avec appétit dés le coup d’envoi, et en frappant l’arrière-garde Polonaise très tôt, dés la 6ème minute. Trouvé dans la surface côté droit, Stanciu pivote, efface un défenseur et pose un plat du pied subtil petit filet opposé. 0-1.

Deux minutes après, le capitaine Bourceanu, numéro 55 dans le dos et hargne dans les yeux, arrache un ballon dans l’entrejeu adverse et initie un trois contre deux conclu avec succès par Piovaccari. Petit crochet du droit qui efface la glissade incontrôlée de Dosa Junior qui finit dans le décor, et ballon taclé hors de portée du gardien du Légia. 0-2, les Polonais sont assommés.

Les Roumains montrent plus de conviction et d’agressivité, s’invectivent entre eux pour corriger les erreurs de placement, et affichent par la suite une volonté farouche de conserver les deux buts d’avance acquis par ces dix premières minutes de feu.

Seul bémol, à gauche ca ne défend pas des masses. Esseulé dans la surface, Kosecki tente lui aussi le plat du pied côté opposé, sa frappe repoussée est prolongée dans le but par Bereszynski signalé hors-jeu.

Ce n’est que partie remise, et toujours à gauche. Pas attaqué, Wawrzyniak a tout le temps d’ajuster un centre puissant que le Serbe Radovic catapulte dans les filets. 1-2, l’espoir renaît et le stade s’embrase.

Bon gré mal gré le Steaua atteint la mi-temps ainsi, se faisant balader pendant les longues séquences de domination qui suivent la réduction de l’écart. Et la souffrance se poursuit durant une bonne partie de la seconde période. Néanmoins, il y’a toujours une intervention qui enraye les offensives Polonaises dans la surface, dans l’avant-dernière passe ou la dernière.

Bourceanu se jette sur tous les ballons qui traînent dans ses trente mètres pour lancer Piovaccari. Entré en jeu, le Brésilien Léandro Tatu s’illustre par sa vivacité et son acharnement au pressing, qui permet aux Roumains de gagner des secondes précieuses en jouant dans le camp du Légia.

Si bien que le but qui devait mettre le feu, le but qui devait mettre Varsovie aux portes de la qualif, met un temps fou à arriver. Et n’arrivera qu’à la 94ème minute, sur un énième long ballon de Dosa Junior repoussé par la défense centrale, Radovic laisse passer une passe en profondeur pour Rzezniczac qui arrache le 2-2 mais ne peut éviter l’élimination.

Qualification du Steaua, Les joueurs peuvent faire la fête dans un stade réduit au silence, et Léandro Tatu chanter ses tubes en toute tranquillité (voila bien une vanne dont je ne pouvais me passer).

Schalke devra batailler à Salonique, tapage nocturne en vue à Gelsenkirchen

schalke paok

Certains des coupables du casse du siècle dans l’histoire du foot Européen (Grèce 2004, la victoire du bloc béton) courent toujours. Parmi eux, le milieu Katsouranis, toujours bon pied bon œil, fait aujourd’hui le bonheur du PAOK Salonique.

PAOK qui devait aller découvrir les joies de l’Europa League, et qui se retrouve du fait de l’exclusion du Metalist Kharkov à deux matches de la phase de poules de la Champions League. Face à un Schalke 04 laminé samedi à Wolfsbourg et privé pour un mois de son sérial buteur Klaas Jan Huntelaar.

Par conséquent, il y’a du monde à la Veltins Arena et ses canalisations à bière. Du monde et une rencontre du troisième type. D’un côté, le peuple de Gelsenkirchen, tout de bleu vêtu et qui met une belle ambiance, entre tribunes bon enfant et virages bruyants.

Et en face, l’invasion des huns. Des milliers de types enragés, torse poil, tatoués avec des delta, alpha, epsilon, etc, massés derrière la bannière «  Gate 4 » du nom du principal groupe d’ultras. Et prêts à exploser au moindre exploit, avant surement d’aller passer la nuit en centre-ville à gâcher la nuit des honnêtes gens avec des chants dérivés de mélodies fascinantes.  Genre Rasputin de Boney M (voir vidéo de la version Londonienne en bas de l’article, remplacer «He was big and strong, in his eyes a flaming glow » par «  PAOK olé, PAOK olé olé »).

Après dix bonnes premières minutes les joueurs du PAOK décident de renoncer à toute forme d’intention offensive. Titularisés en attaque, le petit barbu international Grec Salpingidis et le jeune espagnol Lucas jouent au niveau de Katsouranis, à trente mètres de leur but.

Pas pressés les Bleus font tourner en mode handball, et de temps en temps le numéro 10 Draxler tente une incursion. Il tire, la balle lui revient. Sans espace possible, il  décale Farfan qui dos au but ne trouve rien de mieux à faire qu’une déviation indigeste pour le latéral Uchida monté aux avant-postes. Pressé, celui-ci la perd.

Au bout de la septième répétition de cette action, les sifflets débutent. Les ultras de Schalke commencent à se fritter avec les flics, tandis qu’Huntelaar calé en tribunes joue avec son portable, persuadé que s’il était à la place de Szalai il resterait en pleine surface sans voir la couleur du ballon.

Et à force de reculer, il y’a un moment ou la dite frappe de Draxler intervient aux seize mètres. Et là, Farfan hérite de la balle pas loin, se dit qu’il serait temps de frapper lui aussi, et il enroule du gauche. Poteau rentrant. 1-0. Sans émotion forte, Schalke atteint la mi-temps en ayant obtenu le minimum.

L’inverse se produit lors de la seconde période. D’abord dans les mêmes dispositions de domination, les Königsblauen enclenchent inexplicablement la marche arrière. Lucas et Anathasiadis, qui a relevé Salpingidis, commencent à pointer le bout de leur nez dans la surface adverse.

Accompagnés de Miroslav Stoch. L’ex-joueur du Fenerbahce très discret jusque-là sort deux exemplaires d’un classique mais efficace je repique dans l’axe aux vingt-mètres+frappe. La première passe de peu à côté, et la seconde mieux ajustée finit dans les filets hors de portée de Hildebrand. C’est l’hystérie totale dans le camp Salonique. L’escalade au sens propre comme au sens figuré, mais à voir tous les Hellènes juchés sur les grilles à hurler, on pencherait plutôt pour le sens propre.

Ils savent que ca sent le résultat positif, d’autant plus que les Allemands gâchent leur première et seule vraie occase de la deuxième mi-temps, à la 78ème minute. Au terme d’une percée parfaite dans l’axe et mis en orbite par un une-deux avec Draxler, Szalai arrive seul à l’entrée de la surface mais bute sur le gardien Grec sorti à sa rencontre.

1-1, Schalke devra aller chercher sa qualification à Salonique, et sans Huntelaar force est de constater que cette équipe peine. Contre un PAOK positionné aussi bas sur le terrain, et qui devrait faire preuve de la même prudence pour le match retour, le Hollandais aurait sûrement apporté beaucoup plus de solutions même s’il n’est pas spécialement friand des matches avec 3-4 ballons exploitables seulement.

En attendant, c’est les Grecs qui ont le sourire. Toute la Ruhr devrait l’entendre jusqu’à tard dans la nuit.

Le Tout Puissant Mazembe tombe en Tunisie

Situons d’abord un peu. En Afrique, que ce soit pour la Ligue des Champions ou l’équivalent de l’Europa League (Coupe de la Confédération, la CF) le système est le même. Quand il reste plus que huit équipes, on fait l’enchaînement deux poules de quatre puis demi-finale puis finale, le tout en aller-retour.

Direction le Nord de la Tunisie, à Bizerte. Phase de poules de la CF, le Club Athlétique Bizertin contre l’un des gros bras Africains, les RD Congolais au nom qui fait rêver du Tout Puissant Mazembé.

Bizerte et son CAB, c’est un peu l’équipe hype en Tunisie de ces deux dernières années. Un club qui progresse, une équipe joueuse de plus en plus solide, qui passe de moins en moins loin du sacre au niveau local, et qui joue à merveille son rôle de poil à gratter au niveau continental. Quelques joueurs qui frappent à la porte de l’équipe nationale Tunisienne. Ben Mustapha le jeune gardien numéro 2 de la sélection, la gueule d’ange Hadhria en numéro 10, et le solide Harrane à la récup, trois noms qui se bâtiront une réputation dans les années à venir.

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Hadhria, le futur crack ?

 

Et en face, Mazembé. Champion d’Afrique et finaliste de la coupe du monde des clubs contre l’Inter en 2010, reversé cette année à la surprise générale en CF. Un gardien fantasque, Kidiaba, qui a fait le buzz sur Eurosport à la CAN avec sa danse dégueulasse sur le cul, assis dans la surface. Et le joyau du RD Congo Trésor Mputu, meneur de jeu sensé aller vendre son talent en Belgique depuis 3-4 ans maintenant, et suspendu une année pour avoir coursé un arbitre en match amical. Voilà pour situer.

Il est 16 heures 30, le stade 15-Octobre de Bizerte est en huis-clos partiel. Le huis-clos partiel, c’est quand la fédé veut mobiliser le minimum de forces de l’ordre et pas trop se faire chier, tout en se cachant derrière un truc qu’ils appellent  la situation «  tendue au niveau sécuritaire » du pays.

Résultat, ils filent une grosse centaine d’accréditations à des privilégiés triés sur le volet, et tu te retrouves avec un micro-kop qui fait du bruit, avec un seul fumigène, dans un stade qui sonne creux. Mais c’est gérable. Initialement prévu en nocturne, le match est décalé faute d’éclairage. Les joueurs ont donc droit à un bon vieux cagnard de 35 degrés d’après-midi made in Bled.

Le temps qu’Al Jazira Sports nous assomme une autre fois avec la pénible pub Pepsi à La Vérité Si Je mens (Yallaaaaaa !) qui passe 5 fois par spot, le match peut enfin débuter.

Le coach de Mazembé, Carteron (ex-Dijon, ex-Mali ) place son équipe super bas, pour attendre les Jaune et Noir Bizertins et les surprendre en contre. C’est les Tunisiens qui monopolisent la gonfle, et essayent de varier entre longs ballons pour le grand Rwandais Karikazi -qui n’ayant qu’une autonomie de cent mètres sur 90 minutes ne bouge pas de la surface et ne fait rien- et une-deux avec le petit lutin de l’attaque, Rejaïbi, qui décroche beaucoup aux trente mètres et essaye de se défaire du marquage de Sunzu. Qui a donc délaissé la tactique militaire en Chine pour devenir footballeur Zaïrois. Pourquoi pas.

Rejaïbi tente beaucoup, se libère des espaces, place trois frappes en pivot toutes captées par Kidiaba, qui se signale sur une belle claquette suite à une frappe de loin  de Chaker Bargaoui.

Le gardien de Mazembé commence à briller, et se permet donc de faire le clown. Et un dégagement à l’entrée de sa surface façon contre de basketball, et un jongle sur passe en retrait devant Rejaïbi, manquerait plus que son équipe marque et ce serait reparti pour sa danse inexplicable.

Parlons-en du Tout Puissant. Calé dans un fauteuil devant sa défense Mputu s’amuse, fait des grand ponts avec effet à tout va (comme Bergkamp mais sans le petit 360° qui va avec)  distribue le jeu à sa guise et repère le point faible des Cabistes, à savoir le jeune et encore tendre arrière latéral Haj Mabrouk. Par trois fois Mputu le surprend par des passes en profondeur dans son dos, à l’origine des trois occases RD Congolaises. Sur l’une d’elles, le gardien Ben Mustapha se risque à une sortie inconsidérée, le centre devant le but vide est sorti en catastrophe par les défenseurs centraux Bizertins.

Par la suite, le jeu se muscle au milieu de terrain. La majeure partie de la seconde mi-temps est une bataille de crampons en avant et d’agressions caractérisées avec pour seule fantaisie le quatrième arbitre qui interrompt le jeu sous prétexte qu’il y a des erreurs sur la feuille de match. Ah l’Afrique…

Le CAB s’emmêle les pinceaux devant cette équipe regroupée qui attend sereinement le moment de placer un contre assassin. Le meneur de jeu Hadhria cherche à faire la différence lui-même alors que sa grande taille et son manque de vivacité le dessert complètement. Ce qui marchait à l’époque où il régalait en catégorie de jeunes ne fonctionne pas nécessairement chez les grands, et s’il veut un jour accéder à l’Equipe Nationale il devra étoffer son jeu.

Arrive la 87ème et le premier bon débordement de Haj Mabrouk. Son centre repoussé parvient à Salhi qui reprend de volée à l’entrée de la surface. Kidiaba se couche, capte le ballon des deux mains, et le fait rebondir contre son genou, avant qu’il ne roule misérablement dans le but. Explosion du micro-kop Bizertin, Salhi se lance dans un sprint échevelé torse poil.

Les 4 minutes de temps additionnel ne changeront rien, le CAB bat un grand d’Afrique pas franchement à son avantage et trop attentiste (l’effet Carteron-Ligue 2 ?) et prend provisoirement la tête de sa poule après trois matches. Kidiaba ne dansera pas aujourd’hui, et c’est tant mieux.

La régie d’Al Jazira Sports lance la pub direct dans la foulée, et j’y échappe juste à temps. Yalllaaaaaaa !

Streaming off. Et la mappemonde tourne pour aller voir le foot dans un autre pays du monde.