footballstreamingdelight

Des océans nous séparent, le football nous rassemble, le streaming nous rapproche

Mois : septembre, 2013

Hors-série spécial barrages Afrique(2/5): Ghana-Egypte, opposition de styles

Les Black Stars contre les Pharaons, c’est avant tout l’affrontement de deux conceptions complètement différentes du foot Africain. A l’heure de s’affronter en barrages, les deux sélections ne sont pas dans les mêmes dispositions, entre un Ghana fringant qui récupère ses meilleurs éléments et une génération Egyptienne en manque de compétition qui ne veut pas griller une énième opportunité de participer à un Mondial. Décryptage des forces en présence.

egypte ghana

Tout les oppose

Une sélection à 95% composée de joueurs évoluant en Europe contre une sélection qui s’ouvre progressivement sur le monde, mais toujours majoritairement locale. Une équipe des Blacks Stars au style direct qui exploite à merveille les caractéristiques physiques impressionnantes de ses leaders contre le football des Pharaons, pragmatique et d’une finesse tactique sans égal.

Un Ghana qui n’y arrive plus depuis très longtemps au niveau continental mais épate les observateurs en étant le meilleur représentant Africain en Coupe du monde (huitièmes en 2006, demies à un Suarez près en 2010) contre une Egypte qui a marché sur le continent dans les années 2000 avec trois CAN d’affilée mais pas fichue de voir un Mondial depuis vingt ans.

Il faut se creuser la tête pour trouver un point commun entre les deux plus gros palmarès de l’Afrique, et en plus il y’aura un fait ultime qui les opposera fin Novembre : L’un verra le Brésil du terrain, l’autre de son téléviseur.

Dernière confrontation en match officiel

On ne peut réellement se fier à la dernière fois ou ces deux géants se sont croisés en match officiel, en finale de la CAN 2010. L’Egypte, au sommet de ses possibilités, avait mis les bouchées doubles pour exorciser ce dramatique barrage de Coupe du Monde perdu contre l’Algérie deux mois plus tôt et avait montré sa supériorité avec des joueurs aujourd’hui retraités ou disparus de la circulation ( Gedo, Ahmed Hassan, Mohamed Zidan).

Le Ghana s’était volontairement basé sur les U20 vainqueurs de la coupe du monde 2009, laissant les tauliers Appiah, Essien et Prince-Boateng au frais pour le mondial en Afrique du Sud.  Et avait tenu la dragée haute aux Egyptiens avant de céder en fin de match sur un but de Gedo. Une véritable douche froide.

Le jeu et les joueurs : Egypte

La base du Onze type, c’est les cadres du club phare d’El-Ahly, au chômage technique en championnat (depuis février 2012 et la tragédie du stade de Port-Saïd qui avait fait 74 victimes le championnat est à l’arrêt) mais qui tirent profit des matches de Ligue des Champions Africaine (dont ils joueront la demie en Octobre) pour se maintenir en forme.

Et pour certains des «  légendaires » ce sera la dernière occasion de jouer une Coupe du Monde, en particulier pour Mohamed Aboutrika, 34 ans. Pour ce talent méconnu hors Afrique, ce serait un immense gâchis de ne pas en jouer une. 4 Ligues des Champions Africaines (3 buts  lors des finales) 2 CAN (1 but en finale contre le Cameroun en 2008) l’attaquant numéro un de la décennie en Egypte est le principal atout offensif des Pharaons.

Mais la tendance Sélectionneur local-Onze titulaires locaux a vécu. L’Américain Bob Bradley est aux commandes depuis deux ans et a été maintenu malgré l’échec des qualifs de la CAN 2013, et quelques éléments semblent partis pour durer en Europe, tel que Mohamed Salah au FC Bâle ou El-Mohammady à Hull City.

Equipe-Type: Ekramy-Fathi-Gomaa-Shadid-Hegazi-Ashour-Ghaly-Eid-Aboutrika-El Mohammady- Mohamed Salah

Le jeu et les joueurs: Ghana

Tous les voyants au vert. Gyan et Kwadwo Asamoah ont été les principaux artisans du parcours net et sans bavure en poules-la menace Zambienne sereinement écartée-certains champions du monde U20 en 2009 cités plus haut commencent à s’installer (Inkoom et le joueur de l’Udinese Agyemyang-Badu) et cerise sur le gâteau, la force de frappe est optimisée du fait du retour d’André Ayew, Essien, et Prince-Boateng. Excusez du peu. Solide de chez solide.

La seule faille possible sur laquelle l’opportunisme Egyptien devra se concentrer, c’est cette défense centrale John Boye-Jonathan Mensah qui a pris 3 pions en une mi-temps contre le Japon en amical il y’a un mois. Chacun des deux faisant flipper individuellement du côté d’Evian et de Rennes et chacun des deux ayant fait quelques boulettes récemment, il y’a comme qui dirait une brèche potentielle à étudier.

Equipe-Type : Brimah-Afful-Boye-Mensah-Inkoom-Muntari (ou Agyemyang-Badu)-Essien-Rabiu-Prince Boateng (ou Mubarak)-Kwadwo Asamoah- Gyan (ou Ayew)

Le scénario

On ne s’en rend pas nécessairement compte mais cette histoire d’élimination du Cap-Vert a fait plusieurs mécontents. L’Egypte était tête de série pour les barrages avant cette histoire, et la réapparition surprise de la Tunisie l’a envoyée dans le deuxième chapeau, puis propulsée vers le Ghana.

Et ca, l’Egypte s’en arrache les cheveux dés le match aller à Accra, se prenant une foudre monumentale. Un doublé de Gyan dans les trente premières minutes les met immédiatement dans les cordes, avant qu’une frappe de mammouth de Muntari puis un raid tout en puissance de Prince-Boateng qui fusille Akremy de près ne finisse de les écraser. A ce moment-là, on pense que le but du 4-1 dans les arrêts de jeu marqué par Aboutrika, suite à une collision entre John Boye et Mensah, n’est qu’anecdotique.

Mais au retour, même à perpète du Caire, avec ce huis-clos relatif qui ne tient pas, les Pharaons mettent le feu et refont une Egypte-Algérie du 14 Novembre 2009, celui qui avait permis d’arracher une belle contre ces mêmes Algériens trois jours plus tard. Salah ouvre le score au début du match, les Ghanéens se recroquevillent dans leur camp, repoussent tout, et finissent par céder durant la deuxième minute des traditionnelles sept minutes d’arrêts de jeu en seconde mi-temps ( un classique que l’Egypte et El-Ahly s’octroient à domicile depuis des années quand il y’a un résultat à arracher) sur une volée de ce renard d’AbouTrika.

2-0, le stade entre en transe, il reste quatre minutes pour en mettre un troisième et enfin arracher une place à cette satanée coupe du monde qui leur échappe depuis 1990. Et sur le trente-septième corner Egyptien Ayew dégage de la tête sur Prince-Boateng, qui place un contre de cent mètres et plante le but qui enterre définitivement les Pharaons. Le Ghana est en coupe du monde, L’Egypte arrache les cheveux du Cap-Vert.

PS : Si les braillards de la chaîne qui va diffuser ces deux matches tombent sur la vidéo ci-dessous, ils s’en inspireront pour encore gueuler plus fort, et là pour le coup pourvu que ni Muntari, ni Prince-Boateng ne marquent pas.

 

Publicités

Hors-série spécial barrages Afrique (1/5): Cameroun-Tunisie: deux prétendants pour une résurrection

En déclin niveau résultats depuis quelques années et en manque de certitudes au niveau du jeu, Lions Indomptables et Aigles de Carthage se voient offrir une chance inestimable de voir le Mondial 2014 en s’affrontant en barrage aller-retour. Décryptage des forces en présence.

Dans cette joie collective, il y'a un suspendu

Dans cette joie collective, il y’a un suspendu

Le Cap-Vert, source commune d’emmerdes

Voici deux pays qui ne diffuseront pas de documentaire sur Cesaria Evora pour un petit moment. Ces Requins Bleus qui les ont humilié il y’a respectivement un an et une semaine, Camerounais et Tunisiens ne veulent plus en entendre parler.

Privés de CAN 2013, les Lions ont tiré profit de cet échec pour resserrer les boulons, reconstruire un esprit de groupe et sortir d’une poule plutôt difficile. Les voila donc à deux matches du Brésil, ce que peu de gens auraient parié quelques mois plus tôt.

La Tunisie aurait du tirer « profit » de sa raclée de la semaine dernière à Radés contre les coéquipiers de Platini pour entamer une longue phase de néant, lynchage médiatique, chantier immense et tutti quanti. Quelques jours, une réclamation et un joueur suspendu qui élimine le Cap-Vert plus tard, voilà les Aigles extirpés de leur canapé et à deux matches du Brésil. De la science-fiction made in Africa.

Le jeu et les joueurs : Cameroun

L'expert ès Carling Cup et championnat Grec

L’expert ès Carling Cup et championnat Grec

Pour ce qui est de l’effectif, peu de choses ont changé pour le Cameroun si ce n’est que Charles Itandje (Oui, LE Charles Itandje qui a joué 7 matches en 4 ans à Liverpool) a été lancé à la place de Kameni aux cages.

Tendance des derniers matches : Défense à quatre en forme d’ode à la puissance athlétique, milieu à trois Matip-Makoun-Alex Song fait pour transpercer des lignes, et Enoh de l’Ajax derrière deux attaquants de pointe. Si Eto’o, une fois n’est pas coutume, persiste dans sa feinte de retraite internationale, le sélectionneur Finke a un banc conséquent et des renforts de poids à sa disposition : Mbia, Kana-Biyik, Aboubakar, Moukandjo, que des vieilles connaissances.

Soyons clairs, il ne fera pas bon être mené au score contre ce Cameroun-là. Avec peut-être une faille, entrevue lors du massacre Galatasaray-Real (1-6) en Ligue des Champions, au cours duquel les Camerounais Chedjou et Nounkeu ont affiché une relative lenteur sur les balles et appels en profondeur dans leur dos. Dommage pour la Tunisie, Isco et Cristiano ne peuvent être naturalisés.

Equipe-Type (4-3-1-2) :Itandje-Nkoulou-Nounkeu-Chedjou-Bong-Matip-Song-Makoun-Enoh-Eto’o-Webo ( ou Choupo-Moting)

Le jeu et les joueurs : Tunisie

Msakni, un but par an, chômage technique le reste du temps

Msakni, un but par an, chômage technique le reste du temps

Finie l’époque Maaloul avec sa frilosité tactique et son milieu à trois d’une effroyable neutralité (Traoui-Ragued-Mouelhi ). Place à l’ailier de l’Orange Mécanique Ruud Krol, qui a transformé le Club Sfaxien en une machine de guerre redoutable en l’espace d’un an et demi.

Si, selon toute vraisemblance, il ne touchera pas à la défense centrale Abdennour-Haggui qui suscite de nombreux doutes, quelque chose nous dit que les latéraux de l’Esperance ainsi que le trio du milieu cité plus haut ne reviendront pas. Quid des solistes Msakni et Darragi, qui font une fulgurance de dix secondes par an puis 15 matches dilettante en jouant à la baballe à 40 mètres du but ?

Soit Krol va les secouer, soit il se passera d’eux en mettant le jeune Ben Hatira ( titulaire au Hertha Berlin ) au cœur du jeu, et en associant au revenant Saihi un de ses joueurs de Sfax plus compatible avec sa philosophie ( vivacité et déplacement entre les lignes ). Et puis bon, comme Saber Khlifa et Ben Youssef seront suspendus à l’aller, tu peux rester, Issam Jemaa.

Equipe type pour le match aller, sous réserve que Msakni et Darragi rejouent au foot (4-2-3-1) :

Ben Cherifia-Brigui-Haggui-Abdennour-Mikari-Saihi-joueur de Sfax ( à choisir entre Sassi,Chellouf ou Hannachi )-Khazri-Ben Hatira-Jemaa-Ayari

Les dernières confrontations

Quand il s’agit d’aller perdre au Mozambique, de pas être fichu de battre la Sierra-Leone en 4 tentatives, ou se faire taper par le Botswana, la Tunisie répond toujours présent. Mais elle a aussi la bonne habitude de jouer contre les gros les yeux dans les yeux. Les deux derniers matches contre le Cameroun le prouvent, que ce soit la défaite épique (3-2) en prolongations des quarts de la CAN 2008, ou le nul (2-2) de la CAN 2010 malheureusement insuffisant pour passer les poules. A ces deux occasions, les Lions avaient frisé la correctionnelle. Jamais deux sans trois ? (ndlr: mon seul document d’archive inclut le solo à Capella du commentateur d’Al-Jazira Sport au début, désolé ).

Le scénario

Feu d’artifice au match aller. Khazri plante deux frappes pleine lunette dans les dix premières minutes, mais Choupo-Moting et Webo qui remplacent Eto’o (qui a refusé de venir à cause de sa retraite ) remettent les Lions Indomptables en selle. Dans les arrêts de jeu, le quarantième centre du jeune latéral Brigui –qui ne défend jamais- est capté par Itandje, qui relâche la balle dans les pieds de Jemaa. Celui-ci, auteur d’un match exécrable, glisse en voulant assurer son plat du pied et marque le but du 3-2 involontairement avec son pied d’appui, passant une nouvelle fois pour un héros. Le lendemain, tous les Caennais et les Brestois qui tombent sur le résumé vidéo du match ne peuvent que pousser un long soupir.

A Yaoundé, les Aigles de Carthage tiennent héroïquement jusqu’à la 92ème et concèdent un penalty sur une main de Khlifa. Sans qu’on sache trop comment, Eto’o, qui est revenu de sa retraite internationale, se retrouve avec le ballon dans les mains. Inconsciemment, Il cherche du regard Pierre Womé, qui s’était coltiné le pénalty décisif pour la coupe du monde 2006 et l’avait raté. Une fraction de seconde, il se dit que Womé va venir encore une fois le débarrasser de cette guigne. Mais on est en 2013, et en 2013 Womé est dans les tribunes, et Womé se fout de sa gueule.

Forcément, comme l’histoire est un éternel recommencement, Eto’o place la balle sur la gauche de Ben Cherifia, sur le poteau. La Tunisie se qualifie, le Cap-Vert s’arrache les cheveux.

 

Facebook: Football, le streaming te va si bien

Twitter: @fafarandole

Pragmatique et solide, l’Angleterre obtient le point recherché

vlcsnap-2013-09-10-22h35m07s55

Les veilles de matches des Three Lions à l’extérieur, c’est toujours pareil. Les mêmes ingrédients, la même impression de lire  Aux couleurs de l’Angleterre  de John King.

Une escouade joyeuse et bordélique débarque au centre-ville, Croix de Saint-Georges floquées Leeds, Stoke on Trent et autres Nottingham autour de la taille. Un type sort de nulle part une trompette et se met à souffler le thème de La Grande Evasion en boucle, puis l’enchaînement bars-bières-volonté locale d’en découdre mène aux heurts, projectiles, coups de couteau. Souvent je me dis que ca va pas dépasser le cadre bon enfant, et puis la connerie aidant ca sombre dans le déplorable.

En attendant, ce déplacement n’est pas comme les autres. Un an après le succès mouvementé à l’Euro 2012 l’Angleterre (15 points) retrouve l’Ukraine (14) pour une confrontation qui coûte cher. Avec le Monténégro sur les talons, s’il y’a un perdant à Kiev, il risque de se retrouver sans qualif ni barrage, donc avec rien.

Tandis que les ouailles de Formenko se préparent au «  match de leur vie » les Anglais se ramènent avec une attaque décimée. Pas de Rooney, pas de Sturridge, pas de Carroll, Defoe pas en forme, mais la fraîcheur insatiable de Rickie Lambert. 31 ans, Southampton, quatre ans de Premier League seulement, deux sélections, deux buts. La vraie bonne surprise du moment.

Et logiquement, face aux intentions belliqueuses des Ukrainiens, l’Angleterre de Hodgson oppose un 4-5-1 tout en agressivité. Une bonne ligne de 5, pressing haut avec Walcott et Wilshere aux starting-blocks, et Lambert envoyé au charbon pour tenter de récolter quelques longs ballons.

L’espace de quelques minutes, le bloc compact se fissure, et l’Ukraine cause quelques frissons à Joe Hart. Deux belles ouvertures en profondeur dans le dos de Milner (je dis dans le dos de Milner parce qu’Ashley Cole errait dix bons mètres derrière) auraient pu profiter à Fedetskiy mais celui-ci n’assure pas la réception.

Konoplyanka, numéro 10 sur le dos et tout en vivacité et changement d’appuis, largue Walker côté gauche à deux reprises. Résultat, Lampard orchestre un resserrement des lignes et le stratège Ukrainien se retrouve pris dans une nasse dont il ne ressortira pas en première période, et toute son équipe avec. Yarmolenko calé confortablement entre Cahill et Jagielka ne voit pas la couleur du ballon.

Mais en dehors de quelques belles orientations de Wilshere et un enroulé du droit vicieux de Gerrard qui tutoie le cadre, l’Angleterre par manque de densité devant n’exploite pas outre mesure sa brève mainmise sur la possession.

Au vu d’une première période pareille, le seul moyen de voir du changement ce serait que l’Angleterre se fasse une amnésie express aux vestiaires et desserre l’étreinte sur Konoplyanka.

Et c’est ce qui arrive ! Walcott retourne se dégourdir les jambes un peu plus haut, Lampard se recentre et revoilà Walker esseulé contre le feu follet du Dynamo Kiev. Trois raids incisifs et un coup-franc aux vingt mètres de peu à côté plus tard, la menace se précise. Sur corner, Fedetskiy seul aux six-mètres place sa tête dans les bras de Joe Hart.

Et puis ? Plus rien, comme en première mi-temps. Nouveau resserrage de boulons, quelques cartons sur Konoplyanka ( qui ferait beaucoup plus de dégâts dans l’axe ) pour l’empêcher de partir balle au pied, les changements tardifs côté Ukrainien n’apporteront rien.

Conclusion : Cinq minutes de souffrance par période, rigueur et discipline le reste du temps, pour emprunter une phrase chère à Christophe Galtier, l’Angleterre a conservé le point qui lui était offert au coup d’envoi. Et a donc toutes les cartes en main pour finir premier avec ses deux derniers matches à domicile. Ca vaut bien une nouvelle tournée de trompettes.