Pragmatique et solide, l’Angleterre obtient le point recherché

par fstream2001

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Les veilles de matches des Three Lions à l’extérieur, c’est toujours pareil. Les mêmes ingrédients, la même impression de lire  Aux couleurs de l’Angleterre  de John King.

Une escouade joyeuse et bordélique débarque au centre-ville, Croix de Saint-Georges floquées Leeds, Stoke on Trent et autres Nottingham autour de la taille. Un type sort de nulle part une trompette et se met à souffler le thème de La Grande Evasion en boucle, puis l’enchaînement bars-bières-volonté locale d’en découdre mène aux heurts, projectiles, coups de couteau. Souvent je me dis que ca va pas dépasser le cadre bon enfant, et puis la connerie aidant ca sombre dans le déplorable.

En attendant, ce déplacement n’est pas comme les autres. Un an après le succès mouvementé à l’Euro 2012 l’Angleterre (15 points) retrouve l’Ukraine (14) pour une confrontation qui coûte cher. Avec le Monténégro sur les talons, s’il y’a un perdant à Kiev, il risque de se retrouver sans qualif ni barrage, donc avec rien.

Tandis que les ouailles de Formenko se préparent au «  match de leur vie » les Anglais se ramènent avec une attaque décimée. Pas de Rooney, pas de Sturridge, pas de Carroll, Defoe pas en forme, mais la fraîcheur insatiable de Rickie Lambert. 31 ans, Southampton, quatre ans de Premier League seulement, deux sélections, deux buts. La vraie bonne surprise du moment.

Et logiquement, face aux intentions belliqueuses des Ukrainiens, l’Angleterre de Hodgson oppose un 4-5-1 tout en agressivité. Une bonne ligne de 5, pressing haut avec Walcott et Wilshere aux starting-blocks, et Lambert envoyé au charbon pour tenter de récolter quelques longs ballons.

L’espace de quelques minutes, le bloc compact se fissure, et l’Ukraine cause quelques frissons à Joe Hart. Deux belles ouvertures en profondeur dans le dos de Milner (je dis dans le dos de Milner parce qu’Ashley Cole errait dix bons mètres derrière) auraient pu profiter à Fedetskiy mais celui-ci n’assure pas la réception.

Konoplyanka, numéro 10 sur le dos et tout en vivacité et changement d’appuis, largue Walker côté gauche à deux reprises. Résultat, Lampard orchestre un resserrement des lignes et le stratège Ukrainien se retrouve pris dans une nasse dont il ne ressortira pas en première période, et toute son équipe avec. Yarmolenko calé confortablement entre Cahill et Jagielka ne voit pas la couleur du ballon.

Mais en dehors de quelques belles orientations de Wilshere et un enroulé du droit vicieux de Gerrard qui tutoie le cadre, l’Angleterre par manque de densité devant n’exploite pas outre mesure sa brève mainmise sur la possession.

Au vu d’une première période pareille, le seul moyen de voir du changement ce serait que l’Angleterre se fasse une amnésie express aux vestiaires et desserre l’étreinte sur Konoplyanka.

Et c’est ce qui arrive ! Walcott retourne se dégourdir les jambes un peu plus haut, Lampard se recentre et revoilà Walker esseulé contre le feu follet du Dynamo Kiev. Trois raids incisifs et un coup-franc aux vingt mètres de peu à côté plus tard, la menace se précise. Sur corner, Fedetskiy seul aux six-mètres place sa tête dans les bras de Joe Hart.

Et puis ? Plus rien, comme en première mi-temps. Nouveau resserrage de boulons, quelques cartons sur Konoplyanka ( qui ferait beaucoup plus de dégâts dans l’axe ) pour l’empêcher de partir balle au pied, les changements tardifs côté Ukrainien n’apporteront rien.

Conclusion : Cinq minutes de souffrance par période, rigueur et discipline le reste du temps, pour emprunter une phrase chère à Christophe Galtier, l’Angleterre a conservé le point qui lui était offert au coup d’envoi. Et a donc toutes les cartes en main pour finir premier avec ses deux derniers matches à domicile. Ca vaut bien une nouvelle tournée de trompettes.

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