Hors-série spécial barrages Afrique (1/5): Cameroun-Tunisie: deux prétendants pour une résurrection

par fstream2001

En déclin niveau résultats depuis quelques années et en manque de certitudes au niveau du jeu, Lions Indomptables et Aigles de Carthage se voient offrir une chance inestimable de voir le Mondial 2014 en s’affrontant en barrage aller-retour. Décryptage des forces en présence.

Dans cette joie collective, il y'a un suspendu

Dans cette joie collective, il y’a un suspendu

Le Cap-Vert, source commune d’emmerdes

Voici deux pays qui ne diffuseront pas de documentaire sur Cesaria Evora pour un petit moment. Ces Requins Bleus qui les ont humilié il y’a respectivement un an et une semaine, Camerounais et Tunisiens ne veulent plus en entendre parler.

Privés de CAN 2013, les Lions ont tiré profit de cet échec pour resserrer les boulons, reconstruire un esprit de groupe et sortir d’une poule plutôt difficile. Les voila donc à deux matches du Brésil, ce que peu de gens auraient parié quelques mois plus tôt.

La Tunisie aurait du tirer « profit » de sa raclée de la semaine dernière à Radés contre les coéquipiers de Platini pour entamer une longue phase de néant, lynchage médiatique, chantier immense et tutti quanti. Quelques jours, une réclamation et un joueur suspendu qui élimine le Cap-Vert plus tard, voilà les Aigles extirpés de leur canapé et à deux matches du Brésil. De la science-fiction made in Africa.

Le jeu et les joueurs : Cameroun

L'expert ès Carling Cup et championnat Grec

L’expert ès Carling Cup et championnat Grec

Pour ce qui est de l’effectif, peu de choses ont changé pour le Cameroun si ce n’est que Charles Itandje (Oui, LE Charles Itandje qui a joué 7 matches en 4 ans à Liverpool) a été lancé à la place de Kameni aux cages.

Tendance des derniers matches : Défense à quatre en forme d’ode à la puissance athlétique, milieu à trois Matip-Makoun-Alex Song fait pour transpercer des lignes, et Enoh de l’Ajax derrière deux attaquants de pointe. Si Eto’o, une fois n’est pas coutume, persiste dans sa feinte de retraite internationale, le sélectionneur Finke a un banc conséquent et des renforts de poids à sa disposition : Mbia, Kana-Biyik, Aboubakar, Moukandjo, que des vieilles connaissances.

Soyons clairs, il ne fera pas bon être mené au score contre ce Cameroun-là. Avec peut-être une faille, entrevue lors du massacre Galatasaray-Real (1-6) en Ligue des Champions, au cours duquel les Camerounais Chedjou et Nounkeu ont affiché une relative lenteur sur les balles et appels en profondeur dans leur dos. Dommage pour la Tunisie, Isco et Cristiano ne peuvent être naturalisés.

Equipe-Type (4-3-1-2) :Itandje-Nkoulou-Nounkeu-Chedjou-Bong-Matip-Song-Makoun-Enoh-Eto’o-Webo ( ou Choupo-Moting)

Le jeu et les joueurs : Tunisie

Msakni, un but par an, chômage technique le reste du temps

Msakni, un but par an, chômage technique le reste du temps

Finie l’époque Maaloul avec sa frilosité tactique et son milieu à trois d’une effroyable neutralité (Traoui-Ragued-Mouelhi ). Place à l’ailier de l’Orange Mécanique Ruud Krol, qui a transformé le Club Sfaxien en une machine de guerre redoutable en l’espace d’un an et demi.

Si, selon toute vraisemblance, il ne touchera pas à la défense centrale Abdennour-Haggui qui suscite de nombreux doutes, quelque chose nous dit que les latéraux de l’Esperance ainsi que le trio du milieu cité plus haut ne reviendront pas. Quid des solistes Msakni et Darragi, qui font une fulgurance de dix secondes par an puis 15 matches dilettante en jouant à la baballe à 40 mètres du but ?

Soit Krol va les secouer, soit il se passera d’eux en mettant le jeune Ben Hatira ( titulaire au Hertha Berlin ) au cœur du jeu, et en associant au revenant Saihi un de ses joueurs de Sfax plus compatible avec sa philosophie ( vivacité et déplacement entre les lignes ). Et puis bon, comme Saber Khlifa et Ben Youssef seront suspendus à l’aller, tu peux rester, Issam Jemaa.

Equipe type pour le match aller, sous réserve que Msakni et Darragi rejouent au foot (4-2-3-1) :

Ben Cherifia-Brigui-Haggui-Abdennour-Mikari-Saihi-joueur de Sfax ( à choisir entre Sassi,Chellouf ou Hannachi )-Khazri-Ben Hatira-Jemaa-Ayari

Les dernières confrontations

Quand il s’agit d’aller perdre au Mozambique, de pas être fichu de battre la Sierra-Leone en 4 tentatives, ou se faire taper par le Botswana, la Tunisie répond toujours présent. Mais elle a aussi la bonne habitude de jouer contre les gros les yeux dans les yeux. Les deux derniers matches contre le Cameroun le prouvent, que ce soit la défaite épique (3-2) en prolongations des quarts de la CAN 2008, ou le nul (2-2) de la CAN 2010 malheureusement insuffisant pour passer les poules. A ces deux occasions, les Lions avaient frisé la correctionnelle. Jamais deux sans trois ? (ndlr: mon seul document d’archive inclut le solo à Capella du commentateur d’Al-Jazira Sport au début, désolé ).

Le scénario

Feu d’artifice au match aller. Khazri plante deux frappes pleine lunette dans les dix premières minutes, mais Choupo-Moting et Webo qui remplacent Eto’o (qui a refusé de venir à cause de sa retraite ) remettent les Lions Indomptables en selle. Dans les arrêts de jeu, le quarantième centre du jeune latéral Brigui –qui ne défend jamais- est capté par Itandje, qui relâche la balle dans les pieds de Jemaa. Celui-ci, auteur d’un match exécrable, glisse en voulant assurer son plat du pied et marque le but du 3-2 involontairement avec son pied d’appui, passant une nouvelle fois pour un héros. Le lendemain, tous les Caennais et les Brestois qui tombent sur le résumé vidéo du match ne peuvent que pousser un long soupir.

A Yaoundé, les Aigles de Carthage tiennent héroïquement jusqu’à la 92ème et concèdent un penalty sur une main de Khlifa. Sans qu’on sache trop comment, Eto’o, qui est revenu de sa retraite internationale, se retrouve avec le ballon dans les mains. Inconsciemment, Il cherche du regard Pierre Womé, qui s’était coltiné le pénalty décisif pour la coupe du monde 2006 et l’avait raté. Une fraction de seconde, il se dit que Womé va venir encore une fois le débarrasser de cette guigne. Mais on est en 2013, et en 2013 Womé est dans les tribunes, et Womé se fout de sa gueule.

Forcément, comme l’histoire est un éternel recommencement, Eto’o place la balle sur la gauche de Ben Cherifia, sur le poteau. La Tunisie se qualifie, le Cap-Vert s’arrache les cheveux.

 

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