Hors-série spécial barrages Afrique(2/5): Ghana-Egypte, opposition de styles

par fstream2001

Les Black Stars contre les Pharaons, c’est avant tout l’affrontement de deux conceptions complètement différentes du foot Africain. A l’heure de s’affronter en barrages, les deux sélections ne sont pas dans les mêmes dispositions, entre un Ghana fringant qui récupère ses meilleurs éléments et une génération Egyptienne en manque de compétition qui ne veut pas griller une énième opportunité de participer à un Mondial. Décryptage des forces en présence.

egypte ghana

Tout les oppose

Une sélection à 95% composée de joueurs évoluant en Europe contre une sélection qui s’ouvre progressivement sur le monde, mais toujours majoritairement locale. Une équipe des Blacks Stars au style direct qui exploite à merveille les caractéristiques physiques impressionnantes de ses leaders contre le football des Pharaons, pragmatique et d’une finesse tactique sans égal.

Un Ghana qui n’y arrive plus depuis très longtemps au niveau continental mais épate les observateurs en étant le meilleur représentant Africain en Coupe du monde (huitièmes en 2006, demies à un Suarez près en 2010) contre une Egypte qui a marché sur le continent dans les années 2000 avec trois CAN d’affilée mais pas fichue de voir un Mondial depuis vingt ans.

Il faut se creuser la tête pour trouver un point commun entre les deux plus gros palmarès de l’Afrique, et en plus il y’aura un fait ultime qui les opposera fin Novembre : L’un verra le Brésil du terrain, l’autre de son téléviseur.

Dernière confrontation en match officiel

On ne peut réellement se fier à la dernière fois ou ces deux géants se sont croisés en match officiel, en finale de la CAN 2010. L’Egypte, au sommet de ses possibilités, avait mis les bouchées doubles pour exorciser ce dramatique barrage de Coupe du Monde perdu contre l’Algérie deux mois plus tôt et avait montré sa supériorité avec des joueurs aujourd’hui retraités ou disparus de la circulation ( Gedo, Ahmed Hassan, Mohamed Zidan).

Le Ghana s’était volontairement basé sur les U20 vainqueurs de la coupe du monde 2009, laissant les tauliers Appiah, Essien et Prince-Boateng au frais pour le mondial en Afrique du Sud.  Et avait tenu la dragée haute aux Egyptiens avant de céder en fin de match sur un but de Gedo. Une véritable douche froide.

Le jeu et les joueurs : Egypte

La base du Onze type, c’est les cadres du club phare d’El-Ahly, au chômage technique en championnat (depuis février 2012 et la tragédie du stade de Port-Saïd qui avait fait 74 victimes le championnat est à l’arrêt) mais qui tirent profit des matches de Ligue des Champions Africaine (dont ils joueront la demie en Octobre) pour se maintenir en forme.

Et pour certains des «  légendaires » ce sera la dernière occasion de jouer une Coupe du Monde, en particulier pour Mohamed Aboutrika, 34 ans. Pour ce talent méconnu hors Afrique, ce serait un immense gâchis de ne pas en jouer une. 4 Ligues des Champions Africaines (3 buts  lors des finales) 2 CAN (1 but en finale contre le Cameroun en 2008) l’attaquant numéro un de la décennie en Egypte est le principal atout offensif des Pharaons.

Mais la tendance Sélectionneur local-Onze titulaires locaux a vécu. L’Américain Bob Bradley est aux commandes depuis deux ans et a été maintenu malgré l’échec des qualifs de la CAN 2013, et quelques éléments semblent partis pour durer en Europe, tel que Mohamed Salah au FC Bâle ou El-Mohammady à Hull City.

Equipe-Type: Ekramy-Fathi-Gomaa-Shadid-Hegazi-Ashour-Ghaly-Eid-Aboutrika-El Mohammady- Mohamed Salah

Le jeu et les joueurs: Ghana

Tous les voyants au vert. Gyan et Kwadwo Asamoah ont été les principaux artisans du parcours net et sans bavure en poules-la menace Zambienne sereinement écartée-certains champions du monde U20 en 2009 cités plus haut commencent à s’installer (Inkoom et le joueur de l’Udinese Agyemyang-Badu) et cerise sur le gâteau, la force de frappe est optimisée du fait du retour d’André Ayew, Essien, et Prince-Boateng. Excusez du peu. Solide de chez solide.

La seule faille possible sur laquelle l’opportunisme Egyptien devra se concentrer, c’est cette défense centrale John Boye-Jonathan Mensah qui a pris 3 pions en une mi-temps contre le Japon en amical il y’a un mois. Chacun des deux faisant flipper individuellement du côté d’Evian et de Rennes et chacun des deux ayant fait quelques boulettes récemment, il y’a comme qui dirait une brèche potentielle à étudier.

Equipe-Type : Brimah-Afful-Boye-Mensah-Inkoom-Muntari (ou Agyemyang-Badu)-Essien-Rabiu-Prince Boateng (ou Mubarak)-Kwadwo Asamoah- Gyan (ou Ayew)

Le scénario

On ne s’en rend pas nécessairement compte mais cette histoire d’élimination du Cap-Vert a fait plusieurs mécontents. L’Egypte était tête de série pour les barrages avant cette histoire, et la réapparition surprise de la Tunisie l’a envoyée dans le deuxième chapeau, puis propulsée vers le Ghana.

Et ca, l’Egypte s’en arrache les cheveux dés le match aller à Accra, se prenant une foudre monumentale. Un doublé de Gyan dans les trente premières minutes les met immédiatement dans les cordes, avant qu’une frappe de mammouth de Muntari puis un raid tout en puissance de Prince-Boateng qui fusille Akremy de près ne finisse de les écraser. A ce moment-là, on pense que le but du 4-1 dans les arrêts de jeu marqué par Aboutrika, suite à une collision entre John Boye et Mensah, n’est qu’anecdotique.

Mais au retour, même à perpète du Caire, avec ce huis-clos relatif qui ne tient pas, les Pharaons mettent le feu et refont une Egypte-Algérie du 14 Novembre 2009, celui qui avait permis d’arracher une belle contre ces mêmes Algériens trois jours plus tard. Salah ouvre le score au début du match, les Ghanéens se recroquevillent dans leur camp, repoussent tout, et finissent par céder durant la deuxième minute des traditionnelles sept minutes d’arrêts de jeu en seconde mi-temps ( un classique que l’Egypte et El-Ahly s’octroient à domicile depuis des années quand il y’a un résultat à arracher) sur une volée de ce renard d’AbouTrika.

2-0, le stade entre en transe, il reste quatre minutes pour en mettre un troisième et enfin arracher une place à cette satanée coupe du monde qui leur échappe depuis 1990. Et sur le trente-septième corner Egyptien Ayew dégage de la tête sur Prince-Boateng, qui place un contre de cent mètres et plante le but qui enterre définitivement les Pharaons. Le Ghana est en coupe du monde, L’Egypte arrache les cheveux du Cap-Vert.

PS : Si les braillards de la chaîne qui va diffuser ces deux matches tombent sur la vidéo ci-dessous, ils s’en inspireront pour encore gueuler plus fort, et là pour le coup pourvu que ni Muntari, ni Prince-Boateng ne marquent pas.

 

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