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Brésil-Allemagne 2002 : Cette deuxième mi-temps qu’aucun Tunisien ne vit

Thème central des débats blédards-expatriés, les coupures de courant en Afrique ne sont jamais aussi pittoresques que quand elles tombent au mauvais moment. Le jour d’une finale de coupe du monde, par exemple. Et dans tout le pays. Retour sur un drame qui a privé la Tunisie de la deuxième mi-temps de Brésil-Allemagne 2002, du doublé de Ronaldo, et qui l’a mise dans l’embarras pour un bon moment.

30 Juin 2002. Finale du mondial, la minute d’arrêts  de jeu de la première mi-temps touche à sa fin. Il y’a encore 0-0 entre le Brésil et L’Allemagne.  A 35 mètres le long de la touche, Ronaldinho remise une transversale de Cafu de la tête, pour Roberto Carlos. Frappe complètement écrasée que Ronaldo et sa coupe de cheveux inexplicable récupèrent au point de penalty. Le tir en pivot est repoussé du pied par Oliver Kahn.

Dans des millions de foyers dans le monde, les amoureux du foot réagissent de diverses manières à l’occase ratée, hurlements de joie prématurés (Tout le monde au Brésil devait la voir déjà dedans), soupirs de soulagement, têtes prises dans les mains, ou autres.

Mais en Tunisie, tous les foyers font la gueule. De Béja à Tozeur en passant par Kairouan, un «Clac » sec suivi d’une extinction de toutes les télés prive les habitants d’image au moment ou Roberto Carlos déclenche son pétard mouillé.

Pas une ville, pas une maison n’est épargnée. Il est 13 heures, la chaleur est suffocante, les clims et les ventilos se sont arrêtés.

Les plus réalistes, qui savent que c’est foutu pour la deuxième mi-temps, foncent chercher une radio,  pendant que les autres attendent, vont checker l’orientation de la parabole, on sait jamais, et refusent de l’admettre. Le jour de la finale, ils vont pas nous faire ça. Et si.

Les minutes, les heures passent, et ce n’est que trois heures plus tard que le courant revient. Un peu partout les gens sortent de chez eux exprimer leur énervement, et quelques échauffourées éclatent.

Il y’a belle lurette que Kahn a fait son en-avant, que Ronaldo a planté ses deux pions, et Cafu soulevé la coupe. Aucun Tunisien n’a vu ça en direct.

brazil ronaldo

Que s’est-il réellement passé ?

Pour tenter d’expliquer ce désastre, trois versions existent, sans réelle certitude sur ce qui s’est produit.

3 Jours après la finale, un communiqué de la Société Tunisienne d’Electricité et du Gaz tombe, arguant laconiquement que les infrastructures électriques et les centrales n’ont pas supporté «  une surconsommation liée à l’évènement et à la chaleur ».

En clair, 99% des Tunisiens devant leur télé, clim et ventilos à fond, les centrales lâchent. Pour ceux qui croiront à cette version, cela aura confirmé la piètre image de l’Afrique et de ses moyens, thème qui inspira deux ans plus tard à Rohff cette tirade implacable en parlant au groupe Intouchables d’un rêve lié aux Comores : «  Monter un studio au bled, mais avec les coupures de courant qu’est-ce tu veux faire1 ».

Deux semaines après ce communiqué, un article paru dans le journal Tunisien Tunis Hebdo annonce l’arrestation de cinq personnes (techniciens et ingénieurs) accusées d’avoir perpétré une série de sabotages dans les dites centrales.

Dans le but avoué que la frustration engendrée par la privation de finale de coupe du monde engendre troubles, émeutes, et gros bordel. Condamnation à 10 ans de tôle, et plus aucune info sur le sujet, ca sentait bon le combiné boucs émissaires-histoire montée de toutes pièces pour enfin avoir une excuse valable.

Quand à la troisième version, elle tient plus de la légende urbaine mais paraît nettement plus cohérente que les deux autres. Il faut savoir qu’en 2002 le régime du président d’alors, tyran renversé lors de l’inoubliable «  révolution du jasmin » de 2011, musèle les médias locaux pour que les frasques (entre trafics et rackets divers) de la famille de la femme du président, les Trabelsi, ne soient pas évoquées.

Et devant l’intention d’une chaîne d’info du Moyen Orient de diffuser le 30 Juin 2002 un documentaire sur ce sujet délicat, documentaire qui aurait été visible par les Tunisiens par satellite, les censeurs n’auraient rien de trouvé de mieux que de tailler dans le vif.

Façon bazooka pour tuer une mouche (à l’instar du blocage, pendant des années, de plusieurs sites internet en Tunisie tels que Youtube) ils auraient carrément coupé le courant dans tout le pays.

Personne ne connaît vraiment la vérité. Mais quelque soit le fin mot de l’histoire, la Tunisie aura donc raté la deuxième mi-temps de la finale du mondial Asiatique. Déjà qu’avec l’équipe Nationale éliminée cette année-la au premier tour, il n’y avait eu qu’un but et qu’un point en trois matches à se mettre sous la dent, alors avec cette histoire de courant il n’y avait plus qu’à tirer un trait sur l’édition Japon/Corée du Sud.

Des épisodes de Mister Bean à la place de la deuxième mi-temps

Et au fil des années, les déboires télévisuels et sportifs du pays continuèrent. Principalement concernant le cirque qui régit la diffusion du championnat local, et avec pour point d’orgue le mythique Mozambique-Tunisie des qualifs du Mondial 2010.

La  première chaîne nationale, après avoir diffusé la première période, clashe le détenteur des droits du match, le bouquet satellite Arabe ART, pour une histoire de prix.

Résultat, au lieu d’avoir la suite de la rencontre, les téléspectateurs (réseau terrestre et satellite, donc Tunisiens du bled ET Tunisiens à l’étranger) ont droit à trois épisodes de la série Mister Bean. Soit le premier truc que les mecs de la réalisation avaient trouvé sous la main pour meubler. Tout un symbole.

Désormais, avec le wifi et le streaming disponibles partout, même pour les locaux, les Tunisiens auront de moins en moins de possibilités de se faire enfumer, où qu’ils soient. Mais ce pays est ainsi fait qu’on ne peut jamais jurer de rien.

: Extrait de Ca Fait Zizir, Rohff featuring Intouchables, 2004

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Hors-série spécial barrages Afrique(2/5): Ghana-Egypte, opposition de styles

Les Black Stars contre les Pharaons, c’est avant tout l’affrontement de deux conceptions complètement différentes du foot Africain. A l’heure de s’affronter en barrages, les deux sélections ne sont pas dans les mêmes dispositions, entre un Ghana fringant qui récupère ses meilleurs éléments et une génération Egyptienne en manque de compétition qui ne veut pas griller une énième opportunité de participer à un Mondial. Décryptage des forces en présence.

egypte ghana

Tout les oppose

Une sélection à 95% composée de joueurs évoluant en Europe contre une sélection qui s’ouvre progressivement sur le monde, mais toujours majoritairement locale. Une équipe des Blacks Stars au style direct qui exploite à merveille les caractéristiques physiques impressionnantes de ses leaders contre le football des Pharaons, pragmatique et d’une finesse tactique sans égal.

Un Ghana qui n’y arrive plus depuis très longtemps au niveau continental mais épate les observateurs en étant le meilleur représentant Africain en Coupe du monde (huitièmes en 2006, demies à un Suarez près en 2010) contre une Egypte qui a marché sur le continent dans les années 2000 avec trois CAN d’affilée mais pas fichue de voir un Mondial depuis vingt ans.

Il faut se creuser la tête pour trouver un point commun entre les deux plus gros palmarès de l’Afrique, et en plus il y’aura un fait ultime qui les opposera fin Novembre : L’un verra le Brésil du terrain, l’autre de son téléviseur.

Dernière confrontation en match officiel

On ne peut réellement se fier à la dernière fois ou ces deux géants se sont croisés en match officiel, en finale de la CAN 2010. L’Egypte, au sommet de ses possibilités, avait mis les bouchées doubles pour exorciser ce dramatique barrage de Coupe du Monde perdu contre l’Algérie deux mois plus tôt et avait montré sa supériorité avec des joueurs aujourd’hui retraités ou disparus de la circulation ( Gedo, Ahmed Hassan, Mohamed Zidan).

Le Ghana s’était volontairement basé sur les U20 vainqueurs de la coupe du monde 2009, laissant les tauliers Appiah, Essien et Prince-Boateng au frais pour le mondial en Afrique du Sud.  Et avait tenu la dragée haute aux Egyptiens avant de céder en fin de match sur un but de Gedo. Une véritable douche froide.

Le jeu et les joueurs : Egypte

La base du Onze type, c’est les cadres du club phare d’El-Ahly, au chômage technique en championnat (depuis février 2012 et la tragédie du stade de Port-Saïd qui avait fait 74 victimes le championnat est à l’arrêt) mais qui tirent profit des matches de Ligue des Champions Africaine (dont ils joueront la demie en Octobre) pour se maintenir en forme.

Et pour certains des «  légendaires » ce sera la dernière occasion de jouer une Coupe du Monde, en particulier pour Mohamed Aboutrika, 34 ans. Pour ce talent méconnu hors Afrique, ce serait un immense gâchis de ne pas en jouer une. 4 Ligues des Champions Africaines (3 buts  lors des finales) 2 CAN (1 but en finale contre le Cameroun en 2008) l’attaquant numéro un de la décennie en Egypte est le principal atout offensif des Pharaons.

Mais la tendance Sélectionneur local-Onze titulaires locaux a vécu. L’Américain Bob Bradley est aux commandes depuis deux ans et a été maintenu malgré l’échec des qualifs de la CAN 2013, et quelques éléments semblent partis pour durer en Europe, tel que Mohamed Salah au FC Bâle ou El-Mohammady à Hull City.

Equipe-Type: Ekramy-Fathi-Gomaa-Shadid-Hegazi-Ashour-Ghaly-Eid-Aboutrika-El Mohammady- Mohamed Salah

Le jeu et les joueurs: Ghana

Tous les voyants au vert. Gyan et Kwadwo Asamoah ont été les principaux artisans du parcours net et sans bavure en poules-la menace Zambienne sereinement écartée-certains champions du monde U20 en 2009 cités plus haut commencent à s’installer (Inkoom et le joueur de l’Udinese Agyemyang-Badu) et cerise sur le gâteau, la force de frappe est optimisée du fait du retour d’André Ayew, Essien, et Prince-Boateng. Excusez du peu. Solide de chez solide.

La seule faille possible sur laquelle l’opportunisme Egyptien devra se concentrer, c’est cette défense centrale John Boye-Jonathan Mensah qui a pris 3 pions en une mi-temps contre le Japon en amical il y’a un mois. Chacun des deux faisant flipper individuellement du côté d’Evian et de Rennes et chacun des deux ayant fait quelques boulettes récemment, il y’a comme qui dirait une brèche potentielle à étudier.

Equipe-Type : Brimah-Afful-Boye-Mensah-Inkoom-Muntari (ou Agyemyang-Badu)-Essien-Rabiu-Prince Boateng (ou Mubarak)-Kwadwo Asamoah- Gyan (ou Ayew)

Le scénario

On ne s’en rend pas nécessairement compte mais cette histoire d’élimination du Cap-Vert a fait plusieurs mécontents. L’Egypte était tête de série pour les barrages avant cette histoire, et la réapparition surprise de la Tunisie l’a envoyée dans le deuxième chapeau, puis propulsée vers le Ghana.

Et ca, l’Egypte s’en arrache les cheveux dés le match aller à Accra, se prenant une foudre monumentale. Un doublé de Gyan dans les trente premières minutes les met immédiatement dans les cordes, avant qu’une frappe de mammouth de Muntari puis un raid tout en puissance de Prince-Boateng qui fusille Akremy de près ne finisse de les écraser. A ce moment-là, on pense que le but du 4-1 dans les arrêts de jeu marqué par Aboutrika, suite à une collision entre John Boye et Mensah, n’est qu’anecdotique.

Mais au retour, même à perpète du Caire, avec ce huis-clos relatif qui ne tient pas, les Pharaons mettent le feu et refont une Egypte-Algérie du 14 Novembre 2009, celui qui avait permis d’arracher une belle contre ces mêmes Algériens trois jours plus tard. Salah ouvre le score au début du match, les Ghanéens se recroquevillent dans leur camp, repoussent tout, et finissent par céder durant la deuxième minute des traditionnelles sept minutes d’arrêts de jeu en seconde mi-temps ( un classique que l’Egypte et El-Ahly s’octroient à domicile depuis des années quand il y’a un résultat à arracher) sur une volée de ce renard d’AbouTrika.

2-0, le stade entre en transe, il reste quatre minutes pour en mettre un troisième et enfin arracher une place à cette satanée coupe du monde qui leur échappe depuis 1990. Et sur le trente-septième corner Egyptien Ayew dégage de la tête sur Prince-Boateng, qui place un contre de cent mètres et plante le but qui enterre définitivement les Pharaons. Le Ghana est en coupe du monde, L’Egypte arrache les cheveux du Cap-Vert.

PS : Si les braillards de la chaîne qui va diffuser ces deux matches tombent sur la vidéo ci-dessous, ils s’en inspireront pour encore gueuler plus fort, et là pour le coup pourvu que ni Muntari, ni Prince-Boateng ne marquent pas.

 

Hors-série spécial barrages Afrique (1/5): Cameroun-Tunisie: deux prétendants pour une résurrection

En déclin niveau résultats depuis quelques années et en manque de certitudes au niveau du jeu, Lions Indomptables et Aigles de Carthage se voient offrir une chance inestimable de voir le Mondial 2014 en s’affrontant en barrage aller-retour. Décryptage des forces en présence.

Dans cette joie collective, il y'a un suspendu

Dans cette joie collective, il y’a un suspendu

Le Cap-Vert, source commune d’emmerdes

Voici deux pays qui ne diffuseront pas de documentaire sur Cesaria Evora pour un petit moment. Ces Requins Bleus qui les ont humilié il y’a respectivement un an et une semaine, Camerounais et Tunisiens ne veulent plus en entendre parler.

Privés de CAN 2013, les Lions ont tiré profit de cet échec pour resserrer les boulons, reconstruire un esprit de groupe et sortir d’une poule plutôt difficile. Les voila donc à deux matches du Brésil, ce que peu de gens auraient parié quelques mois plus tôt.

La Tunisie aurait du tirer « profit » de sa raclée de la semaine dernière à Radés contre les coéquipiers de Platini pour entamer une longue phase de néant, lynchage médiatique, chantier immense et tutti quanti. Quelques jours, une réclamation et un joueur suspendu qui élimine le Cap-Vert plus tard, voilà les Aigles extirpés de leur canapé et à deux matches du Brésil. De la science-fiction made in Africa.

Le jeu et les joueurs : Cameroun

L'expert ès Carling Cup et championnat Grec

L’expert ès Carling Cup et championnat Grec

Pour ce qui est de l’effectif, peu de choses ont changé pour le Cameroun si ce n’est que Charles Itandje (Oui, LE Charles Itandje qui a joué 7 matches en 4 ans à Liverpool) a été lancé à la place de Kameni aux cages.

Tendance des derniers matches : Défense à quatre en forme d’ode à la puissance athlétique, milieu à trois Matip-Makoun-Alex Song fait pour transpercer des lignes, et Enoh de l’Ajax derrière deux attaquants de pointe. Si Eto’o, une fois n’est pas coutume, persiste dans sa feinte de retraite internationale, le sélectionneur Finke a un banc conséquent et des renforts de poids à sa disposition : Mbia, Kana-Biyik, Aboubakar, Moukandjo, que des vieilles connaissances.

Soyons clairs, il ne fera pas bon être mené au score contre ce Cameroun-là. Avec peut-être une faille, entrevue lors du massacre Galatasaray-Real (1-6) en Ligue des Champions, au cours duquel les Camerounais Chedjou et Nounkeu ont affiché une relative lenteur sur les balles et appels en profondeur dans leur dos. Dommage pour la Tunisie, Isco et Cristiano ne peuvent être naturalisés.

Equipe-Type (4-3-1-2) :Itandje-Nkoulou-Nounkeu-Chedjou-Bong-Matip-Song-Makoun-Enoh-Eto’o-Webo ( ou Choupo-Moting)

Le jeu et les joueurs : Tunisie

Msakni, un but par an, chômage technique le reste du temps

Msakni, un but par an, chômage technique le reste du temps

Finie l’époque Maaloul avec sa frilosité tactique et son milieu à trois d’une effroyable neutralité (Traoui-Ragued-Mouelhi ). Place à l’ailier de l’Orange Mécanique Ruud Krol, qui a transformé le Club Sfaxien en une machine de guerre redoutable en l’espace d’un an et demi.

Si, selon toute vraisemblance, il ne touchera pas à la défense centrale Abdennour-Haggui qui suscite de nombreux doutes, quelque chose nous dit que les latéraux de l’Esperance ainsi que le trio du milieu cité plus haut ne reviendront pas. Quid des solistes Msakni et Darragi, qui font une fulgurance de dix secondes par an puis 15 matches dilettante en jouant à la baballe à 40 mètres du but ?

Soit Krol va les secouer, soit il se passera d’eux en mettant le jeune Ben Hatira ( titulaire au Hertha Berlin ) au cœur du jeu, et en associant au revenant Saihi un de ses joueurs de Sfax plus compatible avec sa philosophie ( vivacité et déplacement entre les lignes ). Et puis bon, comme Saber Khlifa et Ben Youssef seront suspendus à l’aller, tu peux rester, Issam Jemaa.

Equipe type pour le match aller, sous réserve que Msakni et Darragi rejouent au foot (4-2-3-1) :

Ben Cherifia-Brigui-Haggui-Abdennour-Mikari-Saihi-joueur de Sfax ( à choisir entre Sassi,Chellouf ou Hannachi )-Khazri-Ben Hatira-Jemaa-Ayari

Les dernières confrontations

Quand il s’agit d’aller perdre au Mozambique, de pas être fichu de battre la Sierra-Leone en 4 tentatives, ou se faire taper par le Botswana, la Tunisie répond toujours présent. Mais elle a aussi la bonne habitude de jouer contre les gros les yeux dans les yeux. Les deux derniers matches contre le Cameroun le prouvent, que ce soit la défaite épique (3-2) en prolongations des quarts de la CAN 2008, ou le nul (2-2) de la CAN 2010 malheureusement insuffisant pour passer les poules. A ces deux occasions, les Lions avaient frisé la correctionnelle. Jamais deux sans trois ? (ndlr: mon seul document d’archive inclut le solo à Capella du commentateur d’Al-Jazira Sport au début, désolé ).

Le scénario

Feu d’artifice au match aller. Khazri plante deux frappes pleine lunette dans les dix premières minutes, mais Choupo-Moting et Webo qui remplacent Eto’o (qui a refusé de venir à cause de sa retraite ) remettent les Lions Indomptables en selle. Dans les arrêts de jeu, le quarantième centre du jeune latéral Brigui –qui ne défend jamais- est capté par Itandje, qui relâche la balle dans les pieds de Jemaa. Celui-ci, auteur d’un match exécrable, glisse en voulant assurer son plat du pied et marque le but du 3-2 involontairement avec son pied d’appui, passant une nouvelle fois pour un héros. Le lendemain, tous les Caennais et les Brestois qui tombent sur le résumé vidéo du match ne peuvent que pousser un long soupir.

A Yaoundé, les Aigles de Carthage tiennent héroïquement jusqu’à la 92ème et concèdent un penalty sur une main de Khlifa. Sans qu’on sache trop comment, Eto’o, qui est revenu de sa retraite internationale, se retrouve avec le ballon dans les mains. Inconsciemment, Il cherche du regard Pierre Womé, qui s’était coltiné le pénalty décisif pour la coupe du monde 2006 et l’avait raté. Une fraction de seconde, il se dit que Womé va venir encore une fois le débarrasser de cette guigne. Mais on est en 2013, et en 2013 Womé est dans les tribunes, et Womé se fout de sa gueule.

Forcément, comme l’histoire est un éternel recommencement, Eto’o place la balle sur la gauche de Ben Cherifia, sur le poteau. La Tunisie se qualifie, le Cap-Vert s’arrache les cheveux.

 

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Pragmatique et solide, l’Angleterre obtient le point recherché

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Les veilles de matches des Three Lions à l’extérieur, c’est toujours pareil. Les mêmes ingrédients, la même impression de lire  Aux couleurs de l’Angleterre  de John King.

Une escouade joyeuse et bordélique débarque au centre-ville, Croix de Saint-Georges floquées Leeds, Stoke on Trent et autres Nottingham autour de la taille. Un type sort de nulle part une trompette et se met à souffler le thème de La Grande Evasion en boucle, puis l’enchaînement bars-bières-volonté locale d’en découdre mène aux heurts, projectiles, coups de couteau. Souvent je me dis que ca va pas dépasser le cadre bon enfant, et puis la connerie aidant ca sombre dans le déplorable.

En attendant, ce déplacement n’est pas comme les autres. Un an après le succès mouvementé à l’Euro 2012 l’Angleterre (15 points) retrouve l’Ukraine (14) pour une confrontation qui coûte cher. Avec le Monténégro sur les talons, s’il y’a un perdant à Kiev, il risque de se retrouver sans qualif ni barrage, donc avec rien.

Tandis que les ouailles de Formenko se préparent au «  match de leur vie » les Anglais se ramènent avec une attaque décimée. Pas de Rooney, pas de Sturridge, pas de Carroll, Defoe pas en forme, mais la fraîcheur insatiable de Rickie Lambert. 31 ans, Southampton, quatre ans de Premier League seulement, deux sélections, deux buts. La vraie bonne surprise du moment.

Et logiquement, face aux intentions belliqueuses des Ukrainiens, l’Angleterre de Hodgson oppose un 4-5-1 tout en agressivité. Une bonne ligne de 5, pressing haut avec Walcott et Wilshere aux starting-blocks, et Lambert envoyé au charbon pour tenter de récolter quelques longs ballons.

L’espace de quelques minutes, le bloc compact se fissure, et l’Ukraine cause quelques frissons à Joe Hart. Deux belles ouvertures en profondeur dans le dos de Milner (je dis dans le dos de Milner parce qu’Ashley Cole errait dix bons mètres derrière) auraient pu profiter à Fedetskiy mais celui-ci n’assure pas la réception.

Konoplyanka, numéro 10 sur le dos et tout en vivacité et changement d’appuis, largue Walker côté gauche à deux reprises. Résultat, Lampard orchestre un resserrement des lignes et le stratège Ukrainien se retrouve pris dans une nasse dont il ne ressortira pas en première période, et toute son équipe avec. Yarmolenko calé confortablement entre Cahill et Jagielka ne voit pas la couleur du ballon.

Mais en dehors de quelques belles orientations de Wilshere et un enroulé du droit vicieux de Gerrard qui tutoie le cadre, l’Angleterre par manque de densité devant n’exploite pas outre mesure sa brève mainmise sur la possession.

Au vu d’une première période pareille, le seul moyen de voir du changement ce serait que l’Angleterre se fasse une amnésie express aux vestiaires et desserre l’étreinte sur Konoplyanka.

Et c’est ce qui arrive ! Walcott retourne se dégourdir les jambes un peu plus haut, Lampard se recentre et revoilà Walker esseulé contre le feu follet du Dynamo Kiev. Trois raids incisifs et un coup-franc aux vingt mètres de peu à côté plus tard, la menace se précise. Sur corner, Fedetskiy seul aux six-mètres place sa tête dans les bras de Joe Hart.

Et puis ? Plus rien, comme en première mi-temps. Nouveau resserrage de boulons, quelques cartons sur Konoplyanka ( qui ferait beaucoup plus de dégâts dans l’axe ) pour l’empêcher de partir balle au pied, les changements tardifs côté Ukrainien n’apporteront rien.

Conclusion : Cinq minutes de souffrance par période, rigueur et discipline le reste du temps, pour emprunter une phrase chère à Christophe Galtier, l’Angleterre a conservé le point qui lui était offert au coup d’envoi. Et a donc toutes les cartes en main pour finir premier avec ses deux derniers matches à domicile. Ca vaut bien une nouvelle tournée de trompettes.

Sporting-Benfica: Fredy sort ses griffes, Markovic étale sa classe

sporting benfica

1 victoire-8 défaites en match officiel sur ces 4 dernières années : Dire que le Sporting a développé une allergie aux derbys face au Benfica serait un euphémisme.

Mais pour espérer briser cette dynamique dégueulasse, tous les petits signes sont bons : Une victoire contre le rival en pré-saison, des débuts canon avec 9 pions en deux matches pour se soigner le moral et le goal-average ( même si Coimbra et Arouca ont eu plus l’air de deux aimables sparring-partners ) et déjà 4 buts pour le Colombien à peine débarqué Fredy Montero.

Dans le camp Benfica, il a bien fallu exorciser le mois de Mai apocalyptique ou le triplé s’est évaporé : Le championnat contre Porto à l’avant-dernière journée, la finale d’Europa League contre Chelsea, et la coupe contre Guimaraes. Sulejmani est arrivé de l’Ajax, et les journées inaugurales, entre une victoire à l’arrache et une défaite à Funchal, sont pour l’instant poussives.

En tous cas, au stade José Alvalade, tout le monde y croit. Déjà bien chauds à l’entrée des joueurs ( ou l’entrée des deux top model du protocole d’avant-match aux couleurs des deux clubs, c’est selon ) les supporters locaux basculent dans la transe à la 9ème .

Trouvé à l’entrée de la surface et un poil hors-jeu, Fredy décale Martins sur la gauche et fonce au point de penalty ( suivi de loin par le grand Luisao qui met trois bonnes secondes à se retourner ) pour cueillir le centre d’une belle tête smashée hors de portée d’Artur pour l’ouverture du score.

Le Sporting presse haut, et gêne considérablement les remontées de balle Benfiquistes. Gaitan et Maxi Pereira se montrent très imprécis et sont pris dans la nasse du milieu de terrain, loin du faste et de la facilité qui leur avait permis d’épater la galerie et l’Europe il y’a quelques mois. Mais bon, après avoir connu le cocktail Balbir+W9+Milieu Bordelais sympathique, tout le reste devient plus fade.

Résultat, deux petites occases seulement à se mettre sous la dent, une tête de Lima sur la transversale et un plat du pied de Salvio dans les nuages. Et deux changements sous la contrainte avant même la fin de la mi-temps : Salvio sur une torsion du genou suspecte et Enzo Perez sonné après s’être mangé un dégagement à bout portant dans la tronche.

De quoi laisser, sur le banc, le coach Jorge Jesus dubitatif et le grand attaquant Oscar Cardozo au paroxysme du rongeage de frein.

Pas pour longtemps. Parce qu’il fallait bien atteindre un sommet dans la guigne, Gaitan se blesse à l’entame de la seconde période. Trois changements grillés, et entrée en jeu du Paraguayen.

Mais dans les entrants, il y’a le Serbe Markovic. Numéro 50, gestuelle de crack en devenir et de la suite dans les idées. Après avoir testé la défense du Sporting d’un raid dévastateur en partant d’un côté, Markovic se place dans l’axe quelques minutes plus tard et passe la dite défense en revue avant de battre Rui Patricio de près. Un partout.

La suite n’apportera pas de changement majeur. Le Sporting, absent une bonne partie de la deuxième mi-temps, est redynamisé par l’entrée en jeu de Diego Capel, qui provoque, repique et frappe à tout va. Mais surtout à côté du cadre. Fredy place un petit-coup franc vicieux ( aidé par un mur pas placé génialement ) qui oblige Artur à une belle parade.

Pour éviter une autre mésaventure, deux joueurs sont affectés aux basques de Markovic pour lui mettre un coup à la moindre prise de balle. Choix tactique payant, car on en restera là.

Sans réellement montrer grand-chose, le Benfica rentre avec un point sur un exploit individuel master-class, et c’est tout bénef pour lui.

PS : Ils sont sympas, au stade José Alvalade, mais chanter sur Brazil  en boucle pendant 20 minutes sans s’arrêter, maintenant j’ai cette foutue chanson dans la tête et elle reste.

 

Krasnodar qualifié, un rayon de soleil pour Baldé et ses coéquipiers

Pellè n'a pas suffi

Pellè n’a pas suffi

11 piges après la victoire du Feyenoord à domicile en C3, le stade de Kuip n’a pas changé. Une fournaise, du bruit, des types en t-shirt rayé rouge et blanc qui chantent le bonheur de soutenir leur équipe, et avec un but à remonter ce n’était pas de trop.

Le principal atout offensif de Rotterdam s’appelle Pellè. Il n’est pas roi et pas Brésilien, mais athlétique et Italien. Et va savoir ce qui se passe dans certains coins d’Europe en ce moment, si t’es Italien, que t’as 28 ans et que t’as joué pas très longtemps à la Sampdoria, tu trouves très facilement du taf ailleurs. Ca fait le deuxième en moins de trois jours après celui du Steaua.

En face, Krasnodar. Du flocage exotique avec un numéro 71 et un 43, Charles Kaboré devant la défense avec son numéro 10 sur les épaules (exotique je vous disais). Et en dépit de sa bonne prestation en championnat, Djibril Cissé commence sur le banc comme au match aller, la place de titulaire en pointe étant attribuée à Baldé. Pas Baldé le chanteur, hein. Celui-là a aussi un chignon en dreadlocks, a aussi un air à prendre brusquement une guitare et chanter Un rayon de soleil, mais là c’est bon il est juste footballeur. Ouf.

A peine le match débuté, le handicap du Feyenoord semble destiné à fondre comme neige au soleil. Certes Pellè se charge de retarder l’échéance lui-même en loupant un penalty dés la deuxième minute, mais se rattrape très vite dans l’action suivante, avec une simplicité déconcertante. Appel dans l’axe en plein cœur de la surface absolument pas suivi par la défense Russe, sprint de dix mètres, face-à-face avec Belenov, but. Les compteurs sont remis à zéro.

Tandis que les supporters locaux ressortent i Will survive pour fêter ca, le Kouban Krasnodar entame une phase de 20 minutes recroquevillé devant sa surface à repousser les offensives du Feyenoord comme il peut, et soudain change son fusil d’épaule.

Trois grosses situations chaudes sorties de nulle part dans le camp Hollandais, trois frappes qui allument Mulder, et un coup de poignard dans la foulée. Sublime débordement du Roumain Bucur qui longe la ligne de corner, plonge vers les six-mètres et signe une passe en retrait au meilleur moment possible pour Ivanov qui marque à bout portant.

Feyenoord se retrouve avec deux buts à marquer, la partie se débride quelque peu. Les locaux se procurent de nombreux coups de pieds arrêtés souvent déviés par Pellè sans réussite. Et sur l’un de ces coups de pieds arrêtés le 10 Lex Immers, par ailleurs pas très à l’aise dans l’organisation du jeu, vendange une occasion énorme en décroisant trop sa tête alors qu’il était seul aux six-mètres.

L’égalisation leur ayant singulièrement simplifié la vie, les joueurs du Kouban jouent comme dans un fauteuil. Kaboré déblaye tout ce qui lui passe à portée de sécateur, Baldé récupère les ballons assez haut et permet au duo Ivanov-Bucur de faire quelques percées balle au pied.

Et c’est sur une situation similaire que les Russes vont tuer la confrontation dés l’entame de la seconde période. Duel aérien gagné par Baldé, sur le deuxième ballon Bucur repique dans l’axe à l’entrée de la surface et profite du rebond haut pour placer un bolide surpuissant, voire même aux frontières du réel, hors de portée de Mulder.

1-2, trois buts à marquer pour Rotterdam, la messe est dite. Le Kouban replace son bloc-équipe à l’entrée de sa propre surface, grignote des secondes dés que possible, et autorise même Kaboré à tenter quelques montées. Une transversale en touche et un passement de jambes qui tourne en glissade plus tard, le Burkinabé change d’avis et se replace devant sa défense.

Assommés, les joueurs du Feyenoord auront quand même le mérite de continuer à arroser niveau centres, Pellè avec son aisance assez intéressante dans le jeu aérien se procure quelques opportunités, mais dans l’ensemble il a été trop seul et trop isolé pour pouvoir changer les choses à lui tout seul.

Pas rancunier, le public du Kuip entonne un vibrant You’ll never walk alone au moment de l’entrée en jeu de Cissé à la 89ème. Le temps de placer une petite accélération avant d’aller congratuler ses coéquipiers au coup de sifflet final, et empêcher Baldé de prendre une guitare.

 

Le Steaua arrache son ticket à Varsovie

Légia Steaua

Legia versus Steaua, champion de Pologne versus champion de Roumanie, et un ticket pour la Champion’s League en jeu. Et le lieu de la mise en jeu sera cette Pepsi Arena de Varsovie chauffée à blanc.

Immense bannière rouge et verte aux couleurs du Légia déployée dans le virage Nord, craquage de fumigènes côté Sud, des milliers de supporters en transe qui chantent sans discontinuer, un bon petit chant à la It’s a heartache estampillé Boca Juniors et importé depuis dans tous les stades du monde, le ton est donné.

Volet joueurs à surveiller, on penserait en priorité aux buteurs de l’aller, deux types souvent abonnés aux prêts sans option d’achat. Le jeune attaquant Polonais Kosecki, un petit air de Radek Stepanek et une sacrée fougue dans son jeu et dans ses déplacements, a la lourde charge de faire oublier le faste et les buts de Danijel Ljuboja parti à Lens. Et l’Italien Federico Piovaccari, prêté quatre fois par la Samp depuis 2011 et déjà 3 buts en 7 matches depuis son arrivée à Bucarest.

Sinon, pour les chanceux qui ont admiré Limassol-OM lors de la précédente Europa League, ils reconnaîtront dans les rangs du Légia le Lusitano-chypriote à crête Dosa Junior qui a fait des misères aux Marseillais l’an dernier.

Concéder un nul 1-1 chez soi en match aller n’est pas rédhibitoire si on entame le retour le couteau entre les dents. Et ca, le Steaua l’a bien compris en mordant dans le ballon avec appétit dés le coup d’envoi, et en frappant l’arrière-garde Polonaise très tôt, dés la 6ème minute. Trouvé dans la surface côté droit, Stanciu pivote, efface un défenseur et pose un plat du pied subtil petit filet opposé. 0-1.

Deux minutes après, le capitaine Bourceanu, numéro 55 dans le dos et hargne dans les yeux, arrache un ballon dans l’entrejeu adverse et initie un trois contre deux conclu avec succès par Piovaccari. Petit crochet du droit qui efface la glissade incontrôlée de Dosa Junior qui finit dans le décor, et ballon taclé hors de portée du gardien du Légia. 0-2, les Polonais sont assommés.

Les Roumains montrent plus de conviction et d’agressivité, s’invectivent entre eux pour corriger les erreurs de placement, et affichent par la suite une volonté farouche de conserver les deux buts d’avance acquis par ces dix premières minutes de feu.

Seul bémol, à gauche ca ne défend pas des masses. Esseulé dans la surface, Kosecki tente lui aussi le plat du pied côté opposé, sa frappe repoussée est prolongée dans le but par Bereszynski signalé hors-jeu.

Ce n’est que partie remise, et toujours à gauche. Pas attaqué, Wawrzyniak a tout le temps d’ajuster un centre puissant que le Serbe Radovic catapulte dans les filets. 1-2, l’espoir renaît et le stade s’embrase.

Bon gré mal gré le Steaua atteint la mi-temps ainsi, se faisant balader pendant les longues séquences de domination qui suivent la réduction de l’écart. Et la souffrance se poursuit durant une bonne partie de la seconde période. Néanmoins, il y’a toujours une intervention qui enraye les offensives Polonaises dans la surface, dans l’avant-dernière passe ou la dernière.

Bourceanu se jette sur tous les ballons qui traînent dans ses trente mètres pour lancer Piovaccari. Entré en jeu, le Brésilien Léandro Tatu s’illustre par sa vivacité et son acharnement au pressing, qui permet aux Roumains de gagner des secondes précieuses en jouant dans le camp du Légia.

Si bien que le but qui devait mettre le feu, le but qui devait mettre Varsovie aux portes de la qualif, met un temps fou à arriver. Et n’arrivera qu’à la 94ème minute, sur un énième long ballon de Dosa Junior repoussé par la défense centrale, Radovic laisse passer une passe en profondeur pour Rzezniczac qui arrache le 2-2 mais ne peut éviter l’élimination.

Qualification du Steaua, Les joueurs peuvent faire la fête dans un stade réduit au silence, et Léandro Tatu chanter ses tubes en toute tranquillité (voila bien une vanne dont je ne pouvais me passer).

Schalke devra batailler à Salonique, tapage nocturne en vue à Gelsenkirchen

schalke paok

Certains des coupables du casse du siècle dans l’histoire du foot Européen (Grèce 2004, la victoire du bloc béton) courent toujours. Parmi eux, le milieu Katsouranis, toujours bon pied bon œil, fait aujourd’hui le bonheur du PAOK Salonique.

PAOK qui devait aller découvrir les joies de l’Europa League, et qui se retrouve du fait de l’exclusion du Metalist Kharkov à deux matches de la phase de poules de la Champions League. Face à un Schalke 04 laminé samedi à Wolfsbourg et privé pour un mois de son sérial buteur Klaas Jan Huntelaar.

Par conséquent, il y’a du monde à la Veltins Arena et ses canalisations à bière. Du monde et une rencontre du troisième type. D’un côté, le peuple de Gelsenkirchen, tout de bleu vêtu et qui met une belle ambiance, entre tribunes bon enfant et virages bruyants.

Et en face, l’invasion des huns. Des milliers de types enragés, torse poil, tatoués avec des delta, alpha, epsilon, etc, massés derrière la bannière «  Gate 4 » du nom du principal groupe d’ultras. Et prêts à exploser au moindre exploit, avant surement d’aller passer la nuit en centre-ville à gâcher la nuit des honnêtes gens avec des chants dérivés de mélodies fascinantes.  Genre Rasputin de Boney M (voir vidéo de la version Londonienne en bas de l’article, remplacer «He was big and strong, in his eyes a flaming glow » par «  PAOK olé, PAOK olé olé »).

Après dix bonnes premières minutes les joueurs du PAOK décident de renoncer à toute forme d’intention offensive. Titularisés en attaque, le petit barbu international Grec Salpingidis et le jeune espagnol Lucas jouent au niveau de Katsouranis, à trente mètres de leur but.

Pas pressés les Bleus font tourner en mode handball, et de temps en temps le numéro 10 Draxler tente une incursion. Il tire, la balle lui revient. Sans espace possible, il  décale Farfan qui dos au but ne trouve rien de mieux à faire qu’une déviation indigeste pour le latéral Uchida monté aux avant-postes. Pressé, celui-ci la perd.

Au bout de la septième répétition de cette action, les sifflets débutent. Les ultras de Schalke commencent à se fritter avec les flics, tandis qu’Huntelaar calé en tribunes joue avec son portable, persuadé que s’il était à la place de Szalai il resterait en pleine surface sans voir la couleur du ballon.

Et à force de reculer, il y’a un moment ou la dite frappe de Draxler intervient aux seize mètres. Et là, Farfan hérite de la balle pas loin, se dit qu’il serait temps de frapper lui aussi, et il enroule du gauche. Poteau rentrant. 1-0. Sans émotion forte, Schalke atteint la mi-temps en ayant obtenu le minimum.

L’inverse se produit lors de la seconde période. D’abord dans les mêmes dispositions de domination, les Königsblauen enclenchent inexplicablement la marche arrière. Lucas et Anathasiadis, qui a relevé Salpingidis, commencent à pointer le bout de leur nez dans la surface adverse.

Accompagnés de Miroslav Stoch. L’ex-joueur du Fenerbahce très discret jusque-là sort deux exemplaires d’un classique mais efficace je repique dans l’axe aux vingt-mètres+frappe. La première passe de peu à côté, et la seconde mieux ajustée finit dans les filets hors de portée de Hildebrand. C’est l’hystérie totale dans le camp Salonique. L’escalade au sens propre comme au sens figuré, mais à voir tous les Hellènes juchés sur les grilles à hurler, on pencherait plutôt pour le sens propre.

Ils savent que ca sent le résultat positif, d’autant plus que les Allemands gâchent leur première et seule vraie occase de la deuxième mi-temps, à la 78ème minute. Au terme d’une percée parfaite dans l’axe et mis en orbite par un une-deux avec Draxler, Szalai arrive seul à l’entrée de la surface mais bute sur le gardien Grec sorti à sa rencontre.

1-1, Schalke devra aller chercher sa qualification à Salonique, et sans Huntelaar force est de constater que cette équipe peine. Contre un PAOK positionné aussi bas sur le terrain, et qui devrait faire preuve de la même prudence pour le match retour, le Hollandais aurait sûrement apporté beaucoup plus de solutions même s’il n’est pas spécialement friand des matches avec 3-4 ballons exploitables seulement.

En attendant, c’est les Grecs qui ont le sourire. Toute la Ruhr devrait l’entendre jusqu’à tard dans la nuit.

Le Tout Puissant Mazembe tombe en Tunisie

Situons d’abord un peu. En Afrique, que ce soit pour la Ligue des Champions ou l’équivalent de l’Europa League (Coupe de la Confédération, la CF) le système est le même. Quand il reste plus que huit équipes, on fait l’enchaînement deux poules de quatre puis demi-finale puis finale, le tout en aller-retour.

Direction le Nord de la Tunisie, à Bizerte. Phase de poules de la CF, le Club Athlétique Bizertin contre l’un des gros bras Africains, les RD Congolais au nom qui fait rêver du Tout Puissant Mazembé.

Bizerte et son CAB, c’est un peu l’équipe hype en Tunisie de ces deux dernières années. Un club qui progresse, une équipe joueuse de plus en plus solide, qui passe de moins en moins loin du sacre au niveau local, et qui joue à merveille son rôle de poil à gratter au niveau continental. Quelques joueurs qui frappent à la porte de l’équipe nationale Tunisienne. Ben Mustapha le jeune gardien numéro 2 de la sélection, la gueule d’ange Hadhria en numéro 10, et le solide Harrane à la récup, trois noms qui se bâtiront une réputation dans les années à venir.

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Hadhria, le futur crack ?

 

Et en face, Mazembé. Champion d’Afrique et finaliste de la coupe du monde des clubs contre l’Inter en 2010, reversé cette année à la surprise générale en CF. Un gardien fantasque, Kidiaba, qui a fait le buzz sur Eurosport à la CAN avec sa danse dégueulasse sur le cul, assis dans la surface. Et le joyau du RD Congo Trésor Mputu, meneur de jeu sensé aller vendre son talent en Belgique depuis 3-4 ans maintenant, et suspendu une année pour avoir coursé un arbitre en match amical. Voilà pour situer.

Il est 16 heures 30, le stade 15-Octobre de Bizerte est en huis-clos partiel. Le huis-clos partiel, c’est quand la fédé veut mobiliser le minimum de forces de l’ordre et pas trop se faire chier, tout en se cachant derrière un truc qu’ils appellent  la situation «  tendue au niveau sécuritaire » du pays.

Résultat, ils filent une grosse centaine d’accréditations à des privilégiés triés sur le volet, et tu te retrouves avec un micro-kop qui fait du bruit, avec un seul fumigène, dans un stade qui sonne creux. Mais c’est gérable. Initialement prévu en nocturne, le match est décalé faute d’éclairage. Les joueurs ont donc droit à un bon vieux cagnard de 35 degrés d’après-midi made in Bled.

Le temps qu’Al Jazira Sports nous assomme une autre fois avec la pénible pub Pepsi à La Vérité Si Je mens (Yallaaaaaa !) qui passe 5 fois par spot, le match peut enfin débuter.

Le coach de Mazembé, Carteron (ex-Dijon, ex-Mali ) place son équipe super bas, pour attendre les Jaune et Noir Bizertins et les surprendre en contre. C’est les Tunisiens qui monopolisent la gonfle, et essayent de varier entre longs ballons pour le grand Rwandais Karikazi -qui n’ayant qu’une autonomie de cent mètres sur 90 minutes ne bouge pas de la surface et ne fait rien- et une-deux avec le petit lutin de l’attaque, Rejaïbi, qui décroche beaucoup aux trente mètres et essaye de se défaire du marquage de Sunzu. Qui a donc délaissé la tactique militaire en Chine pour devenir footballeur Zaïrois. Pourquoi pas.

Rejaïbi tente beaucoup, se libère des espaces, place trois frappes en pivot toutes captées par Kidiaba, qui se signale sur une belle claquette suite à une frappe de loin  de Chaker Bargaoui.

Le gardien de Mazembé commence à briller, et se permet donc de faire le clown. Et un dégagement à l’entrée de sa surface façon contre de basketball, et un jongle sur passe en retrait devant Rejaïbi, manquerait plus que son équipe marque et ce serait reparti pour sa danse inexplicable.

Parlons-en du Tout Puissant. Calé dans un fauteuil devant sa défense Mputu s’amuse, fait des grand ponts avec effet à tout va (comme Bergkamp mais sans le petit 360° qui va avec)  distribue le jeu à sa guise et repère le point faible des Cabistes, à savoir le jeune et encore tendre arrière latéral Haj Mabrouk. Par trois fois Mputu le surprend par des passes en profondeur dans son dos, à l’origine des trois occases RD Congolaises. Sur l’une d’elles, le gardien Ben Mustapha se risque à une sortie inconsidérée, le centre devant le but vide est sorti en catastrophe par les défenseurs centraux Bizertins.

Par la suite, le jeu se muscle au milieu de terrain. La majeure partie de la seconde mi-temps est une bataille de crampons en avant et d’agressions caractérisées avec pour seule fantaisie le quatrième arbitre qui interrompt le jeu sous prétexte qu’il y a des erreurs sur la feuille de match. Ah l’Afrique…

Le CAB s’emmêle les pinceaux devant cette équipe regroupée qui attend sereinement le moment de placer un contre assassin. Le meneur de jeu Hadhria cherche à faire la différence lui-même alors que sa grande taille et son manque de vivacité le dessert complètement. Ce qui marchait à l’époque où il régalait en catégorie de jeunes ne fonctionne pas nécessairement chez les grands, et s’il veut un jour accéder à l’Equipe Nationale il devra étoffer son jeu.

Arrive la 87ème et le premier bon débordement de Haj Mabrouk. Son centre repoussé parvient à Salhi qui reprend de volée à l’entrée de la surface. Kidiaba se couche, capte le ballon des deux mains, et le fait rebondir contre son genou, avant qu’il ne roule misérablement dans le but. Explosion du micro-kop Bizertin, Salhi se lance dans un sprint échevelé torse poil.

Les 4 minutes de temps additionnel ne changeront rien, le CAB bat un grand d’Afrique pas franchement à son avantage et trop attentiste (l’effet Carteron-Ligue 2 ?) et prend provisoirement la tête de sa poule après trois matches. Kidiaba ne dansera pas aujourd’hui, et c’est tant mieux.

La régie d’Al Jazira Sports lance la pub direct dans la foulée, et j’y échappe juste à temps. Yalllaaaaaaa !

Streaming off. Et la mappemonde tourne pour aller voir le foot dans un autre pays du monde.